Agrégé de mathématique, père de famille de trois enfants, Mohammed Moussaoui, issu du Rassemblement des Musulmans de France RMF, est le second président du Conseil Français du Culte Musulman CFCM pour les mandats 2008-2011 et 2011-2014.
Né au Maroc le 1er avril 1964 à Figuig à quelques kilomètres de la frontière algérienne, il suit sa famille à Oujda puis se rend à l'Université Mohamed V de Rabat pour obtenir une licence de mathématique en 1986 en terminant Major de sa promotion.
C'est vers l'adolescence que Mohammed Moussaoui commence à s'intéresser à la religion.« Ma famille n’était guère pratiquante, raconte-t-il. Vers 11 ans, j’ai commencé à faire mes prières. À 14 ans, j’ai suivi le jeûne du Ramadan. À partir de la première, je me suis engagé dans la mosquée de mon quartier, et j’ai suivi les enseignements de l’institut fondé par Mustapha Ben Hamza, président du conseil des oulémas d’Oujda. Je désirais mieux connaître les textes, les commentaires du Coran et de la tradition, et l’histoire musulmane. Peu à peu, malgré les réticences de ma famille, la religion est devenue une partie de moi-même, comme boire et manger. » Il obtient une bourse marocaine pour écrire sa thèse (Approximation lipschitzienne de multifonctions et applications à la relaxation de certains problèmes de contrôle optimal et de calcul des variations) à l’université de Montpellier.
Reçu logiquement à l'agrégation, il devient maître de conférence à l'Université d'Avignon. Michel Volle, président de son université de 2002 à 2007 dira de lui qu'il est un «homme de grande conscience professionnelle, rigoureux et bon pédagogue, très apprécié de ses étudiants pour sa disponibilité et son écoute, et c’est un des rares chercheurs à se rendre régulièrement dans les collèges pour expliquer son métier d’enseignant-chercheur, ou l’histoire des mathématiques. »
Peu après son installation à Avignon en 1991, il rejoint l'association L'essor Culturel Islamique et commence à s'impliquer concrètement dans une communauté religieuse en France. Il commence par faire le prêche du vendredi en tant qu'imam. Puis, son premier combat, religieux et politique, sera pour la création d'une vraie mosquée de la Croix-des-Oiseaux. Après plusieurs préemptions par la mairie il fini par obtenir le terrain et le permis de construire. Le bâtiment fera 250m² sur deux niveaux.
En 1996, il rejoint le DIRE, un groupe de dialogue interreligieux. Pour Noëlle Bourgerie, présidente du DIRE, « Mohammed est un des piliers de notre équipe. C’est un homme ouvert, chaleureux, curieux de l’autre, et d’une grande bonté, qui est capable de rassembler des gens très différents. »
En 2003 il est élu vice président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour un mandat de 2 ans, sous la présidence de Mourad Zerfaoui. En 2005, il est élu Secrétaire général du CRCM de la région PACA.
En 2006, il devient vice-président du Rassemblement des Musulmans de France (RMF).
En 2008, il est le candidat du Rassemblement des Musulmans de France pour l'élection du Président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et publie à cette occasion un programme de 80 pages. Il sera finalement l'unique candidat et sort vainqueur des élections en Juin 2008. D'après le Figaro, à la date de l'élection (le 22 juin 2008) Mohammed Moussaoui est en cours de naturalisation.
Sur la radio France Info il déclare le 22 juin 2008 : « Le Conseil Français du Culte Musulman doit s'atteler à faire des mosquées, des lieux de culte, de recueillement dignes,ouverts sur la société, et vecteurs de pacification. Il faudrait qu'à l'intérieur de ces mosquées il y ait des imams et des cadres religieux compétents qui permettront de donner un enseignement religieux équilibré, ouvert sur le progrès. En même temps il faudrait que ces imams aient la possibilité de parler avec la nouvelle génération dans la langue qu'ils comprennent, donc je souhaite que nos imams puissent s'exprimer d'une façon, on va dire courante, dans la langue française. »
Mohammed Moussaoui a aussi ses détracteurs même s'ils restent discrets. On notera surtout l'article de "Jaafar Abassi" sur le site internet oumma.com, « Les grenouilles qui voulaient un Roi ».
Fin juin 2009, il intervient lors d'un débat filmé pour le Figaro Magazine pour lutter contre la proposition de création d'une loi contre le voile intégral arguant que cela enfermerait encore plus les femmes portant ce type de voile. Il trouve en face de lui le député UMP et maire de Maisons-Laffitte, Jacques Myard qui a proposé en septembre2008 un projet de loi[1] interdisant le port du voile intégral.
|
|