Le jihad remontrait aux traditions guerrières des anciens arabes. Ces coutumes guerrières sont évoquées par exemple dans Les jours des Arabes. À cette époque ont pratiqué aussi la razzia. Selon Sabrina Mervin, « il s'agissait de piller des marchandises ou des troupeaux et, éventuellement, de capturer des femmes et de faire des prisonniers qui étaient ensuite vendus comme esclave ou rendu à leur tribu, moyennant rançon. On évitait de faire couler le sang afin de ne pas ouvrir ainsi que de vengeance. »
Les premiers combats que l'on peut rattacher à l'islam, qui furent des attaques sur les caravanes mekkoises, aurait permis aux compagnons de Mahomet de gagner leur indépendance économique.
Après la mort de Mahomet ces combats devinrent des conquêtes visant à diffuser l'islam et à agrandir l'empire.
Dans le Coran, on parle à plusieurs reprises de combat « sur la voie de Dieu ». Le bon jihad est issu du verbe jâhada, qui évoque une notion d'effort constant. Dans le Coran plusieurs versets contradictoires fixes les règles du jihad. Certains de ces versets ont été abrogés. Les différentes interprétations ont donné naissance à différentes conceptions du Jihad.
Selon Sabrina Mervin, « la théorie classique du jihad repose sur un partage du monde en deux parties : le domaine de l'islam et le domaine de la guerre. Les musulmans ont le devoir de combattre ceux qui n'ont pas encore embrassé l'islam, sauf si, adeptes de religions monothéistes, ils peuvent jouir du statut de protéger (dhimmi). Ainsi émise, la théorie du jihad autorise une attitude offensive. » Le jihad fut mené aussi bien contre des noms musulmans que contre des adeptes de certaines branches de l'islam. Toutefois cette conception du Jihad peut aussi être défensive par exemple lors des croisades ou de la colonisation.
Il existe aussi le concept du jihad moral ou jihad spirituel appelé aussi Grand jihad. Il s'agit d'une lutte contre soi-même, notion que l'on retrouve par exemple chez les soufis. Ces derniers parlent de jihad « majeur ». Cette notion de jihad spirituel est réapparue à partir du XXe siècle, chez les penseurs musulmans modernistes comme le recteur d'Al-Azhar Mahmud Chaltût. Pour ces penseurs un jihad guerrier n'avait qu'un rôle défensif.
Une autre théorie du jihad, portée par les islamistes, fut codifiée notamment par l'Indien al-Mawdûdî et par l'Égyptien Sayyid Qutb. Selon Sabrina Mervin « dans les années 1970, sous le gouvernement de Sadate, les Frères musulmans passèrent à l'acte : ils se mirent à prôner la révolution islamique et à lutter non seulement contre les nouveaux « croisés », mais aussi contre l'État, jugée inique, au nom du jihad. »
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