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La fixation du coran

La languedu Coran : l'arabe ?

D'après la BNF(1), la langue arabe serait d'origine nabatéenne ou syriaque. Elle serait apparut vers le IIIe siècle mais se serait vraiment développée grâce à la révélation du Coran. C'est en 1865 que Theodor Nöldeke présente une thèse soutenant que l'arabe est d'origine nabatéenne. Mais la BNF souligne que "les plus anciennes inscriptions arabes sont datées d’une période où l’écriture syriaque, grâce à la diffusion du christianisme, connaît un grand développement alors même que l’écriture nabatéenne tombe en désuétude."
On notera aussi que "Avant l'islam, l’écriture était très peu pratiquée, servant principalement à noter transactions commerciales ou contrats." (BNF)

Une autre thèse sur la langue du Coran

Selon la thèse de Christoph Luxenberg(2), assez sérieuse pour être présentée par Rémi Brague, la langue arabe originelle serait syro-araméenne (ou syriaque), voire arabo-araméenne. Il en découle que certains passages du Coran seraient jusqu'alors mal interprétés. Christoph Luxenberg propose même des exemples de versets qu'il traduirait autrement.

Les difficultés causées par l'arabe, une langue naissante

L'arabe du Coran est une langue très jeune. Elle n'est pas tout à fait la même langue que la langue arabe contemporaine. Par exemple la langue arabe à l'origine ne distinguait pas les voyelles. Quelques explications s'imposent...

L'alphabet arabe, qui est une langue sémitique, est composé de 29 consonnes dont trois peuvent aussi servir de voyelles longues. Il ne compte aucune voyelle "courte". Les voyelles sont notées avec des sortes d'accents. Petit à petit, ces accents sont apparut. Pourquoi ces accents ont été inventés ? Certainement pour prévenir toute confusion entre deux mots dont les consonnes seraient identiques.
C'est un peu comme si en français, au lieu d'écrire "foulard", on écrivait "flr". Bien entendu le nombre de mots contenant uniquement les consonnes flr et dans cet ordre est très limité. Avec la structure de la phrase, il est possible de définir le type de mot (verbe, nom, adjectif...) et avec le contexte, on peut retrouver le mot correspondant. D'ailleurs, les journaux arabes par exemple sont publiés sans distinction des voyelles courtes.

Les différentes lectures

Pour éviter tout risque de confusion, on inventa les signes diacritiques. Al-Hajjâj (694-714) gouverneur d'Irak, serait l'auteur de cette initiative. Mais cette absence avait déjà engendré plusieurs lectures possibles du Coran. Ce serait grâce à ibn Mujâhid (Xe siècle), que l'on figea 7 lectures (??????) différentes (Source BNF(1)), mais il aurait existé encore plus de lectures.

Les 7 lectures du Coran

Il y avait en fait 7 personnes qui s'étaient spécialisé dans un style de lecture du Coran (Cette liste à été trouvé sur un forum, nous en ignorons l'origine) :

- Ibn Amir : Son vrai nom c'est Abd Alah Al Yahasbi qui était Cadi (Juge) de Damas. C'est un Tabi' qui a pris la méthode de lecture par Al Moughira Ibn Abi Chihab Al Makhzoumi qui l'a pris de Othmane.
- Ibn Kathir : Abd Allah Ibn Kathir Al Dari Al Maqui qui était Imam de Mosquée à la Mecque.C'est un Tabi' qui a rencontré Abd Allah Ibn Zoubeir, Abi Ayoub Al Ansari et Anas Ibn Malik.
- Asim le Koufi : Asim Ibn Abi Al Najoud Al Assadi.Il s'agirait de la lecture nafs.
- Abou Amrou : Abou Amrou Zabane Ibn Ala Ibn Amer.
- Hamza le Koufi : Hamza Ibn Habib Ibn Amara Al Ziat. Il a vécut pendant le Califat de Abi Ja'fer Al Mansour.
- Nafi' : Abou Rouim Ibn Abd Al Rahmane Ibn Abi Na'im Alaithi. Il est d'origine d'Ispahan et a pris la méthode de lecture de Médine. Il s'agirait de la lecture warsh.
- Al Kassai : Ali Ibn Abi Hamza qui a vécu dans la ville de Khorrassane.

Aujourd'hui, il n'existerait que 2 principales lectures différentes, le warsh pour le Maghreb et le hafs pour le Machreq (d'après la BNF, Source 1).

Quelles différences entres ces lectures ?

Les différences entre les lectures pourraient être de différentes natures :

- les voyelles
- la répartition du texte dans chacun des versets
- la manière de réciter le texte : la vocalisation

Une note de François Déroche

François Déroche dans son livre Le livre manuscrit arabe (Bibliothèque Nationale de France, 2004) écrit cette note à propos des différentes lectures : "Voir Welch, s. v. "Al Kur'ân", EI V, p.412-413. Sur ce sujet éminemment technique, Spitaler (1935) a réuni les données qui permettent de comparer les différents systèmes. Les plus anciens témoins de la transcription manuscrite du texte coranique, les manuscrits en styles hidjâzî, pourraient toutefois présenter des divergences sensibles avec les systèmes classiques : c'est en tout cas ce que semble montrer l'analyse du manuscrit Paris, BNF arabe 328 a par Dutton (2001, p.74-84)".