Le Coran est décomposé en 114 sourates, elles-mêmes décomposées en versets, mais au fil du temps d'autres décompositions ont été inventées, en voici une liste :
D'après la BNF : "Dans les premiers corans de style hijâzî, de simples tirets marquent la séparation des versets. Puis apparaissent les rondelles ou rosettes d'or qui s'harmonisent avec les points voyelles colorés des écritures coufiques. Des pages-tapis, c'est-à-dire sans texte, précèdent chaque juz' et l'enlumineur orne aussi les titres des sourates qui, n'appartenant pas au texte sacré, en sont ainsi distingués. Dans les marges, les titres sont prolongés par des motifs à base de palmettes d'origine byzantine. L'or, le rouge et le vert en constituent la palette de base."
Dans les premiers manuscrits du Coran, il n'y avait pas de numérotation des sourates ou des versets comme par exemple dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale de France. D'autre part, en fonction de la "lecture" utilisée, la numérotation peut légèrement varier.
De la même manière, les titres des sourates sont apparus plus tardivement, c'est pourquoi il existe parfois plusieurs titres pour une même sourate.
La tradition relate que les premiers supports physiques de la parole coranique ont été des omoplates de chameaux, des pétioles de palmiers ou encore des morceaux de cuir. Ils ne devaient contenir que quelques mots ou quelques phrases. Aujourd'hui aucun de ses fragments originaux du texte ne nous sont parvenus.
A cette époque, on connaissait deux matériaux principaux pour transcrire des textes : le parchemin et le papyrus. Ces matériaux permettaient de créer deux supports différents : les codex et les volumen.
D'après la Bibliothèque Nationale de France, à la mort de Mahomet, au milieu du VIIe siècle, le papyrus existait depuis plus de 3000 ans et il était utilisé, à cette époque, pour écrire des textes en grec ou en copte. Il fut fabriqué au moins jusqu'au Xe siècle. On pouvait trouver du papyrus en Sicile, en Syrie du Nord et en Mésopotamie. On conserve donc de nombreux papyrus écrits en arabe : des factures, contrats, actes notariaux ou des lettres privées, pour la période des quatre premiers siècles de l'Hégire.
Au début du IIe siècle, les chrétiens choisissent le codex (nous y reviendrons), c'est à dire le cahier à pages, l'ancêtre du livre tel que nous le connaissons aujourd'hui. Le papyrus est le premier matériau du codex grâce à ses qualités : flexibilité, légèreté et solidité.
BNF : "Ce n’est qu’au milieu du IIe siècle de l’hégire que les savants commencèrent à transcrire dans des livres, au lieu de feuillets dispersés, le savoir concernant le Prophète, le droit, l’exégèse coranique, l’histoire… Les textes littéraires sur papyrus sont relativement rares, mais cependant assez nombreux pour montrer que leur transcription sur ce support devait être relativement courante." (source : http://expositions.bnf.fr/livrarab/arret_sur/matieres/papyrus.htm)
Le plus ancien codex en arabe sur papyrus connu et daté remonte à 844. Le plus ancien codex sur papyrus serait le Papyrus Bodmer datant à peu près de 200 après JC.
BNF : "Le plus ancien codex sur papyrus connu : Wahb ibn Munabbih, Hadîth Dâwûd (Histoire de David) et biographie du Prophète. Égypte, IXe siècle. Papyrus. Heidelberg, Institut de Papyrologie (papyri Schott Rheinhardt 23)
Ce codex* sur papyrus contient deux textes arabes dont l'un est daté de 844. C'est le plus ancien daté qui soit conservé. L'écriture anguleuse se rapproche de celle des livres non coraniques sur parchemin. L'auteur, qui menait au Ier siècle de l'hégire* une vie ascétique au Yémen, était réputé pour sa bonne connaissance des Traditions des Juifs et des Chrétiens concernant les Prophètes." Copyright Bibliothèque Nationale de France BNF.
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Concernant les rouleaux en papyrus en arabe, on n'en connait qu'un unique : le rouleau d'Abd Allâh Ibn Lahî'a. BNF : "Rouleau d'Abd Allâh Ibn Lahî'a. Égypte, IXe siècle. Papyrus. Heidelberg, Institut de Papyrologie (papyri Schott Rheinhardt 50-53) Les livres arabes sur papyrus conservés sont tous des codex*, à l'exception de ce seul rouleau, du type rotulus (qui se déroule verticalement). Abd Allâh ibn Lahî'a (714-790) fut l'un de ceux qui commencèrent à transcrire le savoir religieux dans des livres, cessant de se contenter de la transmission orale ou de feuillets non classés. L'ouvrage, sans titre, contient des Traditions portant sur des faits historiques contemporains du Prophète Muhammad. " Copyright Bibliothèque Nationale de France BNF. |
Les plus anciens manuscrits du Coran
C'est plutôt incroyable, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'il règne un flou total sur les plus anciens manuscrits du Coran.
Jusqu'à la fin de l'année 2005 voilà les informations que l'on pouvait trouver :
- un manuscrit à la Bibliothèque de Tachkent en Ouzbékistan (d'après Abul Taher du quotidien The Guardian, Anas de www.maison-islam.com). A priori, ce manuscrit serait assez tardif, il daterait du VIIIe siècle.
- un manuscrit au musée de Topkapi, à Istanbul daterait de 650 (d'après Abul Taher du quotidien The Guardian, Tariq Ramadan)
- un manuscrit daté de la fin du VIIe siècle ou du VIIIe siècle, conservé à la British Library de Londres.
- Les manuscrits de Sanaa dont la calligraphie serait originaire du Hijaz (région où vivait Mahomet) dateraient de 680 (d'après Abul Taher du quotidien The Guardian, Anas de www.maison-islam.com)
- un manuscrit à la mosquée Jumma Masjid de Delhi en Inde (d'après Anas de www.maison-islam.com) peut-être du premier siècle de l'islam
- un manuscrit à la Bibliothèque Nationale Egyptienne (d'après Tariq Ramadan) qui daterait de 688.
Pour le moment nous n'avons aucune information sur les méthodes de datation de ces manuscrits...
- un manuscrit très ancien, peut-être le plus ancien puisqu'il daterait du milieu du VIIe siècle se trouve à la Bibliothèque Nationale de France BNF.
BNF "Copiées sur parchemin dans un format vertical, ces pages de Coran appartiennent à un ensemble d'une soixantaine de feuillets considéré comme le plus ancien exemplaire actuellement conservé. En l'absence de manuscrits datés avant le IXe siècle, c'est sur la base de critères paléographiques et orthographiques que l'on fait remonter ces fragments à la seconde moitié du Ier siècle de l'hégire (VIIe siècle). Ils sont écrits dans un style nommé au siècle dernier hijâzî en référence à Ibn al-Nadîm, célèbre auteur arabe du Xe siècle, qui décrivait dans son Fihrist (Catalogue) les premières écritures employées à La Mecque et Médine, villes du Hedjaz.
L'arabe utilise un alphabet consonantique où seules consonnes et voyelles longues sont notées. Des signes diacritiques, placés au-dessus ou en dessous de certaines lettres, permettent de différencier les lettres de forme semblable et de préciser la nature des voyelles brèves. Dans les graphies anciennes, ces signes ainsi que la vocalisation sont absents ou partiellement présents, rendant la lecture du texte sacré plus incertaine."
BNF : "Les fragments coraniques les plus anciens conservés remontent à la deuxième moitié du VIIe siècle. Ils témoignent d'un état du texte aux nombreuses ambiguïtés. Les lettres de même forme ne sont pas encore différenciées par des points diacritiques et les voyelles brèves ne sont que très imparfaitement notées. Les manuscrits des siècles suivants montrent que le passage à une écriture plus complète ne s'est fait que très progressivement. Mais la disposition des sourates et la séparation des versets reste la même. "
Copyright Bibliothèque Nationale de France BNF
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