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La réforme de l'Islam

La peine de mort
La liberté d'expression
Le droit à l'individualité

 

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Parler de réforme de l'islam peut paraître choquant pour beaucoup de musulmans. Car pour ceux-là, l'islam a été révélé pour les hommes de toutes les époques, et il doit être appliqué ainsi qu'il a été révélé. Il ne faut rien en changer, rien en retirer ni rien y ajouter.

Pour d'autres, l'islam de l'époque de Mahomet était très bien pour la société à l'époque de Mahomet, mais aujourd'hui, la société a beaucoup évoluée et il y a des points précis qui n'ont plus lieu d'être.

Pour d'autres encore, tout est une question d'interprétation. Certains interprètent le Coran en écoutant leur coeur ou en pratiquant l'ijtihad (effort de réflexion personnelle) alors que d'autres préfèrent une lecture littérale.

Ce qui est évident, c'est que plusieurs des principes de l'islam ne peuvent plus être appliqués comme ils l'étaient autrefois dans la société de Mahomet. A tel point que même des pays musulmans ont opéré une réforme de leur loi, allant ainsi à l'encontre de la loi islamique, et de l'interprétation de l'islam jusqu'alors en vigueur (Abolition de l'esclavage, de la peine de mort, de la polygamie). D'abord dynamiques gouvernementales et nationales comme on a pu le voir à une époque, en Iran, en Turquie ou au Pakistan par exemple, ces dynamiques deviennent individuelles ou communautaires, mais elles ne se cachent plus ou presque plus.

En lisant les points proposés à la réforme, nous comprendrons en quoi l'islam pratiqué par les premiers compagnons de Mahomet, n'est plus celui que beaucoup de musulmans pratiquent aujourd'hui. D'une certaine manière, on peut dire que l'islam a déjà été réformé, et même depuis longtemps. Le seul problème, c'est que beaucoup ont besoin maintenant de définir clairement le cadre dans lequel il veulent vivre leur religion.

La peine de mort

Etat des lieux de la peine de mort dans les pays musulmans

Aujourd'hui, la peine de mort est aboli à Djibouti depuis 1995, elle est aboli pour les crimes de droit commun en Turquie (pays laïc mais à majorité musulmane), le Sénégal l'a également aboli pour tous les crimes en 2004 tout comme l'Azerbaïdjan en 1998, le Turkménistan en 1999 et le Tadjikistan en 2004. Le Mali n'a plus exécuté depuis 1980, le Niger depuis 1976, la Gambie depuis 1981, l'Algérie et la Tunisie n'ont procédé à aucune exécution depuis au moins 1995.

En 1995, L’Institut arabe des droits de l’Homme a organisé la première conférence internationale dans le monde arabe sur la peine de mort.

Parallèlement, en 2004, la peine de mort a été rétablie en Irak, au Liban et en Afghanistan, certainement pour lutter contre le terrorisme, même si cette pratique a sans doute l'effet contraire. L'autorité Palestinienne a également repris les exécutions alors qu'elle les avait suspendues.

La liberté d'expression

Quelques citations :

"Tout au long de l'été 2002, CNBC, la chaîne financière de choix aux Etats-Unis, a couvert l'escroquerie comptable du géant de l'énergie, Enron. "Qu'est-ce qui a mal tourné ?" titrait CNBC. Six mois plus tard, le magazine Time nommait ses "Personnalités de l'Année" : les Américains qui avaient tiré les sonnettes d'alarme. Toutes étaient des femmes. Toutes avaient pu se tourner vers un système légal, judiciaire et politique qui, selon toute apparence, se souciait de ce qu'elles avaient à dire. Où, au sein du monde musulman, trouveriez-vous des femmes célébrées pour avoir mis fin à la corruption ? Nulle part. Pas encore."(Musulmane mais libre, Irshad Manji, Editions Grasset, 2004, p.316.)

"Vous et moi connaissons toutes les inepties de l'Amérique parce que nous en entendons parler sans cesse. Il est naturel de vilipender un pays lorsque nous connaissons ses imperfections, et il est naturel de rendre publiques ses imperfections lorsque nous savons que nos langues, nos bras ou nos têtes ne seront pas tranchées à cause de ça." (Musulmane mais libre, Irshad Manji, Editions Grasset, 2004, p.315.)

Le droit à l'individualité

Quelques citations :

"L'individualisme - il n'y a que moi qui compte - diffère de l'individualité - je suis moi-même et la société bénéficie de ma singularité absolue. Je pose la question suivante à l'Europe non musulmane : croyez-vous que vos seize millions de musulmans sont capables d'apporter une contribution en tant qu'individus ? La question n'est pas de savoir s'il en sont capables, mais si vous les en croyez capables." (Musulmane mais libre, Irshad Manji, Editions Grasset, 2004, p.320.)

 

SOURCES

Manifeste pour un islam des lumières, Malek Chebel, Editions Hachette Littératures, 2004.

Musulmane mais libre, Irshad Manji, Editions Grasset, 2004.

 

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