LE CORAN
traduit par Kasimirski (1840)
Annotations de Kasimirski - NB : la numérotation
des versets diffère des autres traductions
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traducions du Coran
Sourate 18
LA CAVERNE
Donnée à Médine. - 110 versets.
Au nom de Dieu clément et miséricordieux.
1. Louange à Dieu qui a envoyé à son serviteur le Livre, où il n'a point
mis de tortuosités,
2. Un livre droit destiné à menacer les hommes d'un châtiment terrible
de la part de Dieu, et à annoncer aux croyants qui font le bien une belle
récompense dont ils jouiront éternellement,
3. Un livre destiné à avertir ceux qui disent : Dieu a un fils.
4. Ils n'en ont aucune connaissance, pas plus que leurs pères. C'est une
parole coupable qui sort de leurs bouches. C'est un mensonge.
5. S'ils ne croient pas à ce livre (le Coran), tu es capable de t'anéantir
de chagrin en les poursuivant de ton zèle.
6. Tout ce qui sert d'ornement à la terre, nous l'avons donné pour épouser
les hommes, pour savoir qui d'entre eux se conduira le mieux.
7. Mais tous ces ornements, nous les réduirons en poussière.
8. As-tu fait attention que l'histoire des compagnons de la Caverne et
d'Al-Raqîm* est un de nos signes et une chose extraordinaire ?
*On n'est pas d'accord sur la signification du mot Raqîm Les uns croient
que c'est le nom des chiens des Sept-Dormants, d'autres que c'est le nom
d'une table sur laquelle étaient inscrits les noms des hommes qui s'étaient
retirés dans la caverne.
9. Lorsque ces jeunes gens s'y furent retirés, ils s'écrièrent : Seigneur,
accorde-nous ta miséricorde, et assure-nous la droiture dans notre conduite.
10. Nous avons frappé leurs oreilles de surdité dans la caverne pendant
un certain nombre d'années.
11. Nous les réveillâmes ensuite pour voir qui d'entre eux saurait mieux
compter le temps qu'ils y étaient restés.
12. Nous te racontons leur histoire en toute vérité. C'étaient des jeunes
gens qui croyaient en Dieu, et auxquels nous avons ajouté encore des moyens
de suivre la droite voie.
13. Nous fortifiâmes leurs cœurs, lorsque, amenés devant le prince*, ils
dirent : Notre Seigneur est le Maître des cieux et de la terre ; nous
n'invoquons point d'autre Dieu que lui, autrement nous commettrions un
crime.
*Selon les commentateurs, ce dut être Decianus (Decius).
14. Nos concitoyens adorent d'autres divinités que Dieu ; peuvent-ils
nous montrer une preuve évidente en faveur de leur culte ? Et qui est
plus coupable que celui qui a forgé un mensonge sur le compte de Dieu
?
15. Ils se dirent alors l'un à l'autre : Si vous les quittiez, ainsi que
les idoles qu'ils adorent à côté de Dieu, et si vous vous retiriez dans
une caverne. Dieu vous accorderait sa grâce et disposerait vos affaires
pour le mieux.
16. Tu aurais vu le soleil, quand il se levait, passer à droite de l'entrée
de la caverne, et, quand il se couchait, s'en éloigner à gauche ; et ils
se trouvaient dans un endroit spacieux de la caverne. C'est un des miracles
de Dieu. Celui-là est bien dirigé que Dieu dirige ; mais quiconque Dieu
égare, on ne saurait lui trouver ni patron ni guide.
17. Tu aurais cru qu'ils veillaient, et cependant ils dormaient ; nous
les retournions tantôt à droite et tantôt à gauche ; leurs chiens étaient
couchés, les pattes étendues, à l'entrée de la caverne. Si, arrivé à l'improviste,
tu les eusses vus dans cet état, tu t'en serais détourné et enfui ; tu
aurais été transi de frayeur.
18. Nous les éveillâmes ensuite, afin qu'ils s'interrogeassent mutuellement.
L'un d'entre eux demanda : Combien de temps sommes nous restés ici ? Un
jour, répondit l'autre, ou une partie seulement du jour. Dieu sait mieux
que personne, reprirent les autres, le temps que nous y avons demeuré.
Envoyé quelqu'un d'entre vous avec cet argent à la ville ; qu'il s'adresse
à celui qui aura les meilleurs aliments, qu'il vous en apporte pour votre
nourriture, mais qu'il se comporte avec civilité, et ne découvre à personne
votre retraite.
19. Car si les habitants en avaient connaissance, ils vous lapideraient,
ou bien vous forceraient à embrasser leur croyance. Alors tout bonheur
disparaîtrait pour vous.
20. Nous avons fait connaître à leurs concitoyens leur aventure, afin
qu'ils apprennent que les promesses de Dieu sont véritables, et qu'il
n'y a point de doute sur l'arrivée de l'heure. Leurs concitoyens se disputaient
à leur sujet. Elevons un édifice au-dessus de la caverne. Dieu connaît
mieux que personne la vérité à leur égard. Ceux dont l'avis l'emporta
dans leur affaire dirent : Nous y élèverons une chapelle.
21. On disputera sur leur nombre. Tel dira : Ils étaient trois ; leur
chien était le quatrième. Tel autre dira : Ils étaient cinq, et leur chien
était le sixième. On scrutera le mystère. Tel dira : Ils étaient sept,
et leur chien faisait le huitième. Dis : Dieu sait mieux que personne
combien ils étaient. Il n'y a qu'un petit nombre qui le sait.
22. Aussi ne dispute point à ce sujet, si ce n'est pour la forme, et ne
demande point à aucun chrétien des avis à cet égard.
23. Ne dis jamais : Je ferai telle chose demain, sans ajouter : Si c'est
la volonté de Dieu. Souviens-toi de Dieu si tu viens à l'oublier, et dis
: Peut-être Dieu me dirigera-t-il vers la vraie connaissance de cette
aventure*.
*Muhammad, questionné par les juifs au sujet des Sept-Dormants, leur promit
de leur répondre le lendemain. Il oublia d'ajouter : s'il plaît à Dieu.
La révélation ne vint pas pendant plusieurs jours en punition de cet oubli.
24. Ces jeunes gens demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, plus
neuf.
25. Dis : Dieu sait mieux que personne combien de temps ils y demeurèrent
; les secrets de Dieu et de la terre lui appartiennent ; prétends-tu lui
faire voir ou entendre quelque chose ? Les hommes n'ont point d'autre
patron que lui ; Dieu n'associe personne dans ses arrêts.
26. Révèle ce qui t'a été révélé du Livre de Dieu, sans introduire aucun
changement dans ses paroles ; dans le cas contraire, tu ne saurais trouver
aucun refuge devant Dieu.
27. Prends patience avec ceux qui invoquent le Seigneur au matin et au
soir et recherchent ses regards. Ne détourne point tes yeux d'eux pour
te livrer aux plaisirs de ce monde, et n'obéis point à celui dont nous
avons rendu le cœur insouciant de nous, qui suit ses penchants, et dont
la conduite n'est qu'un excès.
28. Dis : La vérité vient de Dieu, que celui qui veut croire croie, et
que celui qui veut être infidèle le soit. Quant à nous, nous avons préparé
pour les impies le feu, qui les entourera de ses parois. Quand ils imploreront
du secours, on leur donnera de l'eau ardente comme le métal fondu, qui
leur brûlera la figure. Quel détestable breuvage ! quel mauvais support
!
29. Ceux qui auront cru et pratiqué les bonnes œuvres ne seront pas privés
de la récompense qui leur est due pour avoir mieux agi que les autres.
30. A ceux-ci les jardins d'Eden ; sous leurs pieds couleront des fleuves,
ils s'y pareront de bracelets d'or, se vêtiront de robes vertes de soie
et de satin, accoudés sur des trônes. Quelle belle récompense ! quel admirable
support !
31. Propose-leur la parabole des deux hommes : A l'un d'eux nous donnâmes
deux jardins plantés de vignes ; nous entourâmes ces jardins de palmiers,
et entre les deux nous plaçâmes des champs ensemencés. Les deux jardins
portèrent des fruits et ne furent point stériles.
32. Nous avons fait couler une rivière au sein même de ces jardins. Cet
homme a récolté quantité de fruits, et a dit à son voisin en conversation
: Je suis plus riche que toi, et j'ai une famille plus nombreuse.
33. Il entra dans son jardin, coupable envers lui-même, et s'écria : Je
ne pense pas que ce jardin périsse jamais.
34. Je ne pense pas que l'heure arrive jamais, et si je reparais devant
Dieu, j'aurai en échange un jardin encore plus beau que celui-ci.
35. Son ami lui dit, pendant qu'ils étaient ainsi en conversation : Ne
crois-tu pas en celui qui t'a créé de poussière, puis de sperme, et qui
enfin t'a donné la forme parfaite d'homme ?
36. Quant à moi. Dieu est mon Seigneur, et je ne lui associerai nul autre
dans mon culte.
37. Que ne dis-tu pas plutôt en entrant dans ton jardin : II arrivera
ce que Dieu voudra ; il n'y a point de force si ce n'est en Dieu. Bien
que tu me voies plus pauvre et ayant moins d'enfants.
38. Il se peut que Dieu m'accorde quelque chose qui vaudra mieux que ton
jardin ; il fera tomber des flèches du ciel, et tu seras un beau matin
réduit en poussière stérile.
39. Le eaux qui l'arrosent peuvent disparaître sous terre, où tu ne saurais
les retrouver.
40. Les possessions de l'incrédule furent enveloppées dans la destruction
avec tous ses fruits. Il se tordait les mains, regrettant ses dépenses,
car les vignes se tenaient sur les échalas, dépouillées de leurs fruits,
et il s'écriait : Plût à Dieu que je ne lui eusse associé aucun autre
Dieu !
41. Il n'avait point de troupe armée qui l'eût secouru contre Dieu, il
ne trouva aucun secours.
42. La protection n'appartient qu'à Dieu seul, le Dieu vrai. Il sait récompenser
mieux que personne, et procurer la plus heureuse issue.
43. Propose-leur la parabole de la vie mondaine. Elle ressemble à l'eau
que nous faisons descendre du ciel, les plantes de la terre se mêlent
à elle ; le lendemain elles sont sèches ; les vents les dispersent. Car
Dieu est tout-puissant.
44. Les richesses et les enfants sont les ornements de la vie mondaine
; mais les bonnes œuvres qui restent obtiennent auprès de ton Seigneur
une meilleure récompense, et donnent de plus belles espérances.
45. Un jour que nous ferons marcher les montagnes, tu verras la terre
nivelée comme une plaine ; nous rassemblerons tous les hommes, sans en
oublier un seul.
46. Ils paraîtront devant ton Seigneur rangés en ordre. Dieu leur dira
: Vous paraissez devant moi dans l'état où je vous ai créés pour la première
fois, et vous pensiez que je ne remplirais pas mes promesses.
47. Le livre où sont inscrites les actions de chacun sera mis entre ses
mains ; tu verras les coupables saisis de frayeur, à cause de ce qui est
écrit : Malheur à nous ! Que veut donc dire ce livre ? Les plus petites
choses comme les plus grandes, aucune n'y est omise ; il les a comptées
toutes ; toutes leurs actions leur seront présentées. Dieu ne lésera pas
un seul homme.
48. Quand nous dîmes aux anges : Prosternez-vous devant Adam, ils se prosternèrent
tous, à l'exception d'Eblis, qui était un des démons ; il se révolta contre
les ordres de Dieu ; prendrez-vous donc plutôt Eblis et sa race pour patrons
que moi ? Ils sont vos ennemis. Quel détestable échange que celui des
méchants !
49. Je ne vous ai point pris à témoin quand je créais les cieux et la
terre, et quand je vous créais, vous ; je n'ai point appelé à mon aide
ceux qui s'égarent.
50. Un jour, Dieu dira aux infidèles : Appelez vos compagnons, ceux que
vous croyez être dieux. Ils les appelleront, mais ils n'obtiendront aucune
réponse. Nous mettrons entre eux la vallée de la distinction.
51. Les coupables verront le feu de l'enfer et sauront qu'ils y seront
précipités ; ils ne trouveront aucun moyen d'y échapper.
52. Nous avons répandu dans le Coran toutes sortes de paraboles à l'usage
des hommes ; mais l'homme engage la dispute sur la plupart des choses.
53. Qu'est-ce donc qui empêche les hommes de croire quand la direction
du droit chemin leur a été donnée ? Qu'est-ce qui les empêche d'implorer
le pardon de Dieu ? Peut-être attendent-ils le sort des hommes d'autrefois,
ou que le châtiment les atteigne à la face de l'univers.
54. Nous envoyons des apôtres chargés d'avertir et d'annoncer. Les incrédules
se servent d'arguments futiles pour effacer la vérité, et prennent nos
miracles et les peines dont on les menace pour l'objet de leurs railleries.
55. Quel être plus coupable que celui qui se détourne quand on lui récite
nos enseignements, qui oublie les actions qu'il avait commises lui-même
? Nous avons recouvert leurs cœurs de plus d'une enveloppe, pour qu'ils
ne comprennent point le Coran, et nous avons jeté la surdité dans leurs
oreilles.
56. Quand même tu les appellerais à la droite voie, ils ne la suivront
jamais.
57. Ton Seigneur est indulgent et plein de compassion ; s'il voulait les
punir de leurs œuvres, il aurait avancé l'heure du châtiment. Mais ils
ont un terme fixé pour l'accomplissement des menaces, et ils ne trouveront
aucun refuge contre sa vengeance.
58. Nous avons détruit ces anciennes cités, à cause de leur impiété. Précédemment
nous les avions menacées de leur ruine.
59. Un jour Moïse dit à son serviteur* : Je ne cesserai de marcher jusqu'à
ce que je sois parvenu à l'endroit où les deux mers se joignent, ou je
marcherai pendant plus de quatre-vingts ans.
*Josué, fils de Noé.
60. Lorsqu'ils furent arrivés au confluent des deux mers, ils s'aperçurent
qu'ils avaient perdu leur poisson, qui prit la route de la mer par une
voie souterraine.
*Ils avaient pris un poisson ; à l'endroit où il disparaîtrait Moïse devait
trouver celui qu'il cherchait.
61. Ils passèrent outre, et Moïse dit à son serviteur : Sers-nous notre
repas, nous avons éprouvé beaucoup de fatigue dans ce voyage.
62. Qu'en dis-tu ? reprit son serviteur. Lorsque nous nous sommes arrêtés
auprès de ce rocher, je n'ai fait aucune attention au poisson. Il n'y
a que Satan qui eût pu me le faire oublier ainsi, pour que je ne te rappelasse
pas ; le poisson a pris son chemin vers la mer ; c'est miraculeux.
63. C'est ce que je désirais, reprit Moïse. Et ils retournèrent tous deux
sur leurs pas.
64. Ils rencontrèrent un de nos serviteurs que nous avons favorisé de
notre grâce et éclairé de notre science.
65. Puis-je te suivre, lui dit Moïse, afin que tu m'enseignes une portion
de ce qu'on t'a enseigné à toi-même par rapport à la vraie route ?
66. L'inconnu répondit : Tu ne pourras jamais supporter ma société.
67. Et comment pourrais-tu supporter certaines choses dont tu ne comprendras
pas le sens ?
68. S'il plaît à Dieu, reprit Moïse, je serai constant et soumis à tes
ordres.
69. Puisque tu veux me suivre, reprit l'inconnu, ne m'interroge sur aucun
fait avant que je t'aie parlé le premier.
70. Ils partirent donc et marchèrent jusqu'au bord de la mer ; étant
entré dans un bateau, l'inconnu le brisa. L'as-tu brisé, demanda Moïse,
pour noyer ceux qui sont dedans ? Tu viens de commettre là une action
étrange.
71. Ne t'ai-je pas dit que tu ne pourrais pas demeurer avec moi.
72. Ne me blâme pas, reprit Moïse, d'avoir oublié tes ordres, et ne m'impose
point des obligations trop difficiles.
73. Ils partirent, et ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils eurent rencontré
un jeune homme L'inconnu le tua. Eh quoi ! tu viens de tuer un homme innocent
qui n'a tué personne ! Tu as commis là une action détestable.
74. Ne t'ai-je point dit que tu ne pourrais jamais vivre avec moi ?
75. Si je t'interroge encore une seule fois, tu ne me permettras plus
de t'accompagner. Maintenant excuse-moi.
76. Ils partirent, et ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils arrivassent aux
portes d'une ville. Ils demandèrent l'hospitalité aux habitants ; ceux-ci
refusèrent de les recevoir. Les deux voyageurs s'aperçurent que le mur
de la ville menaçait ruine. L'inconnu le releva. Si tu avais voulu, lui
dit Moïse, tu aurais pu en demander la récompense.
77. Ici nous nous séparerons, reprit l'inconnu. Je vais seulement t'apprendre
la signification des choses que tu as été impatient de savoir.
78. Le navire appartenait à de pauvres gens qui travaillaient sur mer
; je voulus l'endommager, parce que derrière lui il y avait une roi qui
s'emparait de tous les navires.
79. Quant au jeune homme, ses parents étaient croyants, et nous avons
craint qu'il ne les infectât de sa perversité et de son incrédulité.
80. Nous avons voulu que Dieu leur donnât en retour un fils plus vertueux
et plus digne d'affection.
81. Le mur était l'héritage de deux orphelins de la ville. Sous ce mur
était un trésor qui leur appartenait. Leur père était un homme de bien.
Le Seigneur a voulu les laisser atteindre l'âge de puberté pour leur rendre
le trésor. Ce n'est point de mon propre chef que j'ai fait tout cela.
Voilà les choses dont tu as été impatient de connaître le sens*.
*L'inconnu dont il est question ici est Khidr, personnage choisi de Dieu
pour accomplir ses arrêts.
82. On t'interrogera, ô Muhammad ! au sujet de Dhoul'Qameïn*. Réponds
: Je vous raconterai son histoire.
*Possesseur de deux cornes. C'est le nom sous lequel les Arabes entendaient
Alexandre le Grand.
83. Nous affermîmes sa puissance sur la terre, et nous lui donnâmes les
moyens d'accomplir tout ce qu'il désirait, et il suivit une route.
84. Il marcha jusqu'à ce qu'il fût arrivé au couchant du soleil ;
il vit le soleil se coucher dans une fontaine boueuse ; il y trouva établie
une nation.
85. Nous lui dîmes : 0 Dhoul'Qameïn ! tu peux châtier ce peuple ou le
traiter avec générosité.
86. Nous châtierons, répondit-il, tout homme impie ; ensuite nous le livrerons
à Dieu, qui lui fera subir un supplice affreux.
87. Mais quiconque aura cru et pratiqué le bien obtiendra une belle récompense,
et nous ne lui donnerons que des ordres faciles à exécuter.
88. Dhoul'Qameïn de nouveau suivit une route,
89. Jusqu'à ce qu'il arrivât à l'endroit où le soleil se lève ; il se
levait sur un peuple auquel nous n'avons rien donné pour se mettre à l'abri
de son ardeur.
90. Cette narration est véritable. Nous connaissons tous ceux qui étaient
avec Dhoul'Qameïn.
91. Il suivit de nouveau une route,
92. Jusqu'à ce qu'il arrivât entre les deux digues au pied desquelles
habitait un peuple qui entendait à peine quelque langue.
93. Ce peuple lui dit : 0 Dhoul'Qameïn ! voici que Yâdjoudj et Madjoudj
commettent des brigandages sur la terre. Pouvons-nous te demander, moyennant
une récompense, d'élever une barrière entre eux et nous ?
94. La puissance que m'accorde mon Seigneur, répondit-il, est pour moi
une récompense plus considérable. Aidez-moi seulement avec zèle, et j'élèverai
une barrière entre vous et eux.
95. Apportez-moi de grandes pièces de fer, jusqu'à ce que j'aie fermé
le défilé entre les deux montagnes. Il dit aux travailleurs : Soufflez
le feu jusqu'à ce que le fer deviennent rouge comme le feu. Puis il dit
: Apportez-moi de l'airain fondu, afin que je le jette dessus.
96. Yâdjoudj et Madjoudj ne purent ni escalader le mur, ni le percer.
97. Cet ouvrage, dit Dhoul'Qameïn, est un effet de la miséricorde de Dieu.
98. Quand l'arrêt du Seigneur sera arrivé, il le réduira en pièces ; les
promesses de Dieu sont infaillibles.
99. Le jour viendra où nous les laisserons se presser en foule comme les
flots les uns sur les autres. On sonnera la trompette, et nous réunirons
tous les hommes ensemble.
100. Alors nous livrerons les infidèles au feu de l'enfer,
101. Ainsi que ceux dont les yeux étaient couverts de voiles pour ne pas
voir nos avertissements, et qui ne pouvaient pas nous écouter.
102. Les infidèles ont-ils pensé qu'ils pourront prendre pour patrons
ceux qui ne sont que nos serviteurs ? Nous leur avons préparé la géhenne
pour demeure.
103. Vous ferai-je connaître ceux qui ont le plus perdu à leurs œuvres
?
104. Dont les efforts dans ce monde ont été en pure perte, et qui croyaient
cependant avoir bien agi ?
105. Ce sont les hommes qui n'ont point cru à nos signes, ni à leur comparution
devant leur Seigneur ; leurs actions sont vaines, et nous ne leur assignerons
pas de poids au jour de la résurrection.
106. Leur récompense sera l'enfer, parce qu'ils ont fait de mes signes
et de mes apôtres l'objet de leur risée.
107. Ceux qui croient et pratiquent le bien auront pour demeure les jardins
du paradis.
108. Ils les habiteront éternellement, et ne désireront aucun changement
à leur sort.
109. Dis : Si la mer se changeait en encre pour décrire les paroles de
Dieu, la mer faillirait avant les paroles de Dieu, quand même nous y emploierions
une autre mer pareille.
110. Dis : Je suis un homme comme vous, mais j'ai reçu la révélation
qu'il n'y a qu'un Dieu. Quiconque espère voir un jour la face du Seigneur,
qu'il pratique le bien et qu'il n'associe aucune autre créature dans l'adoration
due au Seigneur.
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