LE CORAN
traduit par Kasimirski (1840)
Annotations de Kasimirski - NB : la numérotation
des versets diffère des autres traductions
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traducions du Coran
Sourate 2
LA GENISSE*
*Cette sourate a été intitulée La Génisse, parce que, entre autres choses,
il s'agit de la génisse que Moïse avait ordonné aux Israélites d'immoler.
Voyez le verset 63. Donnée à
Médine. - 286 versets.
Au nom de Dieu clément et miséricordieux.
1. A. L. M.*
*Un grand nombre de sourates du Coran portent, soit pour titre, soit au
premier verset, des lettres isolées dont la signification et la valeur
sont inconnues. Voici le livre sur lequel il n'y a point de doute ; c'est
la direction de ceux qui craignent le Seigneur ;
2. De ceux qui croient aux choses cachées, qui observent exactement la
prière et font des largesses des biens que nous leur dispensons ;
3. De ceux qui croient à la révélation qui a été donnée à toi et à ceux
qui t'ont précédé ; de ceux qui croient avec certitude à la vie future.
4. Eux seuls seront conduits par le Seigneur, eux seuls seront bienheureux.
5. Pour les infidèles, il leur est égal que tu les avertisses ou non :
ils ne croiront pas.
6. Dieu a apposé un sceau sur leurs cœurs et sur leurs oreilles ; leurs
yeux sont couverts d'un bandeau, et le châtiment cruel les attend.
7. Il est des hommes qui disent : Nous croyons en Dieu et au jour dernier,
et cependant ils ne sont pas du nombre des croyants.
8. Ils cherchent à tromper Dieu et ceux qui croient, mais ils ne tromperont
qu'eux-mêmes et ils ne le comprennent pas.
9. Une infirmité siège dans leurs cœurs*, et Dieu ne fera que l'accroître
; un châtiment douloureux leur est réservé, parce qu'ils ont traité les
prophètes de menteurs.
*Partout dans le Coran, par les hommes dont le cœur est atteint d'une
infirmité, Muhammad entend les hypocrites, les hommes de foi douteuse
et chancelante.
10. Lorsqu'on leur dit : Ne commettez point
de désordres sur la terre, ils répondent : Loin de là, nous y faisons
fleurir l'ordre.
11. Ils commettent des désordres, mais ils ne le comprennent pas.
12. Lorsqu'on leur dit : Croyez, croyez ainsi que croient tant d'autres,
ils répondent : Croirons-nous comme croient les sots, n'est-ce pas plutôt
eux qui sont des sots ? Mais ils ne le sentent pas.
13. S'ils rencontrent des fidèles, ils disent : Nous avons la même croyance
que vous ; mais dès qu'ils se trouvent à l'écart, en société de leurs
tentateurs, ils disent : Nous sommes avec vous, et nous nous rions de
ceux-là.
14. Dieu se rira d'eux ; il les fera persister longtemps dans leur rébellion,
errant incertains ça et là.
15. Ce sont eux qui ont acheté l'erreur avec la monnaie de la vérité,
mais leur marché ne leur a point profité ; ils ne sont plus dirigés dans
la droite voie.
16. Ils ressemblent à celui qui a allumé du feu ; lorsque le feu a jeté
sa clarté sur les objets d'alentour et que Dieu l'a enlevée soudain, laissant
les hommes dans les ténèbres, ils ne sauraient voir.
17. Sourds, muets et aveugles, ils ne peuvent plus revenir sur leurs pas*.
*Les commentateurs donnent à ces mots le sens de : ils ne se convertiront
point.
18. Ils ressemblent à ceux qui, lorsqu'un nuage gros des ténèbres, de
tonnerre et d'éclairs, fond du haut des cieux, saisis par la frayeur de
la mort, se bouchent les oreilles de leurs doigts, à cause du fracas du
tonnerre, pendant que le Seigneur enveloppe de tous côtés les infidèles.
19. Peu s'en faut que la foudre ne les prive de la vue ; lorsque l'éclair
brille, ils marchent à sa clarté ; et lorsqu'il verse l'obscurité sur
eux, ils s'arrêtent. Si Dieu voulait, il leur ôterait la vue et l'ouïe,
car il est tout-puissant. 0 hommes* ! adorez votre Seigneur, celui qui
nous a créés, vous et ceux qui vous ont précédés. Craignez-moi.
*Lorsqu'un prédicateur, dans la mosquée, ou un orateur arabe, harangue
le peuple, il se sert, dans son allocution, des mots : 0 hommes ! c'est-à-dire
: 0 vous qui m'écoutez,. De même, dans le Coran, ces mots ne s'étendent
pas à tous les hommes, aux mortels, mais aux Mecquois ou aux Médinois
que prêchait Muhammad. C'est le caractère propre à tous les discours tenus
par Muhammad et à toutes les institutions et préceptes d'avoir une application
actuelle et restreinte aux peuples de l'Arabie, sans embrasser les autres
peuples, le genre humain.
20. C'est Dieu qui vous a donné la terre pour
lit et élevé la voûte des cieux pour abri ; c'est lui qui fait descendre
l'eau des cieux, qui par elle fait germer les fruits destinés à vous nourrir.
Ne donnez donc point d'associés à Dieu. Vous le savez.
21. Si vous avez des doutes sur le livre que nous avons envoyé à notre
serviteur, produisez un chapitre au moins pareil à ceux qu'il renferme,
et appelez, si vous êtes sincères, vos témoins que vous invoquez à côté
de Dieu*.
*Les mots min douni 'Ilahi sont traduits ordinairement par : à l'exclusion
de Dieu. Cependant min douni est une locution adverbiale qui exprime qu'avant
de parvenir à tel objet, on en rencontre un autre sur son chemin ; ainsi,
dans ce passage, et dans les passages analogues du Coran, elle veut dire
que dans le cuite idolâtre il y avait entre les hommes et le Dieu unique
des êtres, des divinités intermédiaires. Muhammad n 'accuse pas les Arabes
d'adorer les divinités exclusivement et absolument, mais de mêler au culte
de Dieu celui d'autres divinités. C'est ce qui résulte de beaucoup de
passages du Coran, où les idolâtres sont réputés reconnaître l'action
du Dieu suprême.
22. Mais si vous ne le faites pas, et à coup sûr vous ne le ferez pas,
redoutez le feu préparé pour les infidèles, le feu dont les hommes et
les pierres* seront l'aliment.
*Les pierres, c'est-à-dire, les statues en pierre des fausses divinités.
23. Annonce à ceux qui croient et qui pratiquent les bonnes œuvre qu'ils
auront pour demeure des jardins arrosés de courants d'eau. Toutes les
fois qu'ils recevront des fruits de ces jardins, ils s'écrieront : Voilà
les fruits dont nous nous nourrissions autrefois* ;
*C'est-à-dire : dans l'autre monde, sur la terre.
mais ils n'en auront que l'apparence*. Là, ils trouveront des femmes exemptes
de toute souillure, et ils y demeureront éternellement.
*C'est-à-dire que ces fruits seront d'un goût bien plus exquis que ceux
de la terre, quoique semblables en apparence à ces derniers, et ce pour
leur causer une surprise agréable.
24. Dieu ne rougit pas d'offrir en parabole un moucheron ou quelque autre
objet plus relevé. Les croyants savent que c'est la vérité qui leur vient
de leur Seigneur ; mais les infidèles disent : Qu'est-ce donc que Dieu
a voulu nous dire en nous proposant cette parabole ? Par de telles paraboles,
il égare les uns et dirige les autres. - Non, il n'y aura d'égarés que
les méchants,
25. Les méchants, qui rompent le pacte du Seigneur conclu antérieurement,
qui séparent ce que Dieu avait ordonné de conserver uni, qui commettent
des désordres sur la terre : ceux-là sont des malheureux.
26. Comment pouvez-vous être ingrats envers Dieu*, vous qui étiez morts
et à qui il a rendu la vie, qui vous fera mourir, qui plus tard vous fera
revivre de nouveau, et auprès duquel vous retournerez un jour ?
*On pourrait traduire : Comment pouvez-vous ne pas croire en Dieu ? le
même mot en arabe servant à rendre les deux.
27. C'est lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre ; cette
œuvre terminée, il se porta vers le ciel et en forma sept cieux, lui qui
s'entend en toute chose*.
*Le ciel formait un tout ; Dieu l'a partagé en sept deux superposés les
uns au-dessus des autres, comme les pellicules de l'oignon.
28. Lorsque Dieu dit aux anges : Je vais établir un vicaire sur la terre,
les anges répondirent : Veux-tu établir un être qui commette des
désordres et répande le sang pendant que nous célébrons tes louanges et
que nous te sanctifions sans cesse ? -Je sais, répondit le Seigneur, ce
que vous ne savez pas.
29. Dieu apprit à Adam les noms de tous les êtres, puis, les amenant devant
les anges, il leur dit : Nommez-les-moi, si vous êtes sincères.
30. Loué soit ton nom, répondirent les anges
; nous ne possédons d'autre science que celle que tu nous a enseignée
; tu es le savant, le sage.
31. Dieu dit à Adam : Apprends-leur les noms de tous les êtres, et lorsqu'il
l'eut fait, le Seigneur dit : Ne vous ai-je pas dit que je connais le
secret des cieux et de la terre, ce que vous produisez au grand jour
et ce que vous cachez ?
32. Lorsque nous ordonnâmes aux anges d'adorer Adam, ils l'adorèrent tous,
excepté Eblis ; celui-ci refusa et s'enfla d'orgueil, et il fut du nombre
des ingrats.
33. Nous dîmes à Adam : Habite le jardin avec ton épouse ; nourrissez-vous
abondamment de ses fruits, de quelque côté du jardin qu'ils se trouvent
; seulement n'approchez pas de l'arbre que voici, de peur que vous ne
deveniez coupables.
34. Satan a fait glisser leur pied et les a fait bannir du lieu où ils
se trouvaient. Nous leur dîmes alors : Descendez de ce lieu ; ennemis
les uns des autres*, la terre vous servira de demeure et de possession
temporaire.
*C'est-à-dire, hommes et démons.
35. Adam apprit de son Seigneur des paroles de prière ; Dieu agréa son
repentir ; il aime à revenir à l'homme qui se repent ; il est miséricordieux.
36. Nous leur dîmes : Sortez du paradis tous tant que vous êtes ; un livre
destiné à vous diriger vous viendra de ma part ; la crainte n'atteindra
jamais ceux qui le suivront, et ils ne seront point affligés.
37. Mais ceux qui ne croiront pas, qui traiteront nos signes* de mensonge,
seront livrés au feu étemel.
*Le mot arabe âya signifie signe, mais surtout un signe d'avertissement
du ciel, et par conséquent miracle, prodige : mais il signifie en outre
verset du Coran, chaque verset étant la parole de Dieu est regardé comme
un miracle et un avertissement. Pour nous rapprocher autant que possible
du texte arabe, nous avons conservé partout la signification du signe.
Et c'est pour de cela qu'on trouvera dans cette traduction les mots :
réciter ou relire les signes de Dieu, c'est-à-dire, les versets du Coran
révélés à Muhammad.
38. 0 enfants d'Israël ! souvenez-vous des bienfaits dont je vous ai comblés,
soyez fidèles à mon alliance, et je serai fidèle à la vôtre ; révérez-moi,
et croyez au livre que j'ai envoyé pour corroborer vos écritures ; ne
soyez pas les premiers à lui refuser votre croyance ; n'allez point acheter
avec mes signes un objet de nulle valeur. Craignez-moi.
39. Ne revêtez pas la vérité de la robe du mensonge ; ne cachez point
la vérité* quand vous la connaissez.
*Muhammad reproche aux juifs et souvent aux chrétiens d'altérer le sens
des Ecritures pour en ôter ou éluder les passages dans lesquels la venue
de Muhammad a dû être prédite, selon lui.
40. Observez exactement la prière, faites
l'aumône, et courbez-vous avec mes adorateurs.
41.Commanderez-vous les bonnes actions aux autres pendant que vous vous
oublierez vous-mêmes ? Vous lisez cependant le Livre* ; ne comprendrez-vous
donc jamais ?
*Le Livre, pris absolument, veut dire : tout livre révélé, les Ecritures
: le Pentateuque en parlant des juifs ; l'Evangile, en parlant des chrétiens
; il s'applique aussi au Coran. Nous ferons observer, à ce sujet, que
dans ces prédications, Muhammad distingue les idolâtres et les ignorants
de ceux qui ont, à quelque époque que ce soit, reçu les Ecritures ; ces
derniers sont appelés famille du Livre.
42. Appelez à votre aide la patience et la prière ; la prière est une
charge, mais non pas pour les humbles,
43. Qui pensent qu'un jour ils reverront leur Seigneur et qu'ils retourneront
auprès de lui.
44. 0 enfants d'Israël, souvenez-vous des bienfaits dont je vous ai comblés,
souvenez-vous que je vous ai élevés au-dessus de tous les humains.
45. Redoutez le jour où une âme ne satisfera point pour une autre âme,
où il n'y aura ni intercession, ni compensation, ni secours à attendre.
46. Souvenez-vous que nous vous avons délivrés de la famille de Pharaon
qui vous infligeait de cruels supplices ; on immolait vos enfants et l'on
n'épargnait que vos filles. C'était une rude épreuve de la part de votre
Seigneur.
47. Souvenez-vous que nous avons fendu la mer pour vous, que nous vous
avons sauvés, et noyé Pharaon sous vos yeux.
48. Lorsque nous formions notre alliance avec Moïse pendant quarante nuits,
vous avez pris, pendant son absence, un veau pour un objet de votre adoration
et vous avez agi iniquement.
49. Nous vous pardonnâmes ensuite, afin que vous nous soyez reconnaissants.
50. Nous donnâmes à Moïse le livre et la distinction*,
afin que vous soyez dirigés dans la droite voie.
*La distinction : al-forqân s'applique ici au Pentateuque comme au Coran
dans d'autres passages. C'est tout livre de révélation divine en tant
qu 'il distingue le licite de l'illicite. On peut dire que, dans chaque
livre divin, la partie qui traite des usages, des aliments, etc., s'appelle
al-forqân (distinction), de même que la partie dogmatique al houda (direction).
51. Moïse dit à son peuple : Vous avez agi iniquement envers vous-mêmes
en adorant le veau. Revenez à votre créateur, ou bien donnez-vous la mort
; ceci vous servira mieux auprès de lui. Il vous pardonnera, car il aime
à revenir à l'homme converti, et il est miséricordieux.
52. Vous dîtes alors à Moïse : 0 Moïse, nous ne te donnerons aucune créance
avant que nous ayons vu Dieu manifestement. Le châtiment de cette conduite
vous saisit soudain.
53. Nous vous avons ressuscités après votre mort, afin que vous soyez
reconnaissants.
54. Nous fîmes planer un nuage sur vos têtes, et nous vous envoyâmes de
la manne et les cailles en vous disant : Mangez des mets délicieux que
nous vous avons accordés ; vous avez agi iniquement envers vous-mêmes
plus encore qu'envers nous.
55. Nous dîmes au peuple d'Israël : Entrez dans cette ville, jouissez
des biens qui s'y trouvent, au gré de vos désirs ; mais en entrant dans
la ville, prosternez-vous et dites : Indulgence, ô Seigneur ! et il vous
pardonnera vos péchés. Certes nous comblerons les justes de nos bienfaits.
56. Mais les méchants d'entre eux substituèrent à la parole qui leur fut
indiquée une autre* parole, et nous fîmes descendre du ciel un châtiment
comme rétribution de leur perfidie.
*D'après les commentaires, les juifs, au lieu de dire hittat, absoute,
indulgence, mot qu'on leur avait ordonné de prononcer en entrant dans
la ville, auraient dit en plaisantant habbat, etc., un grain d'orge.
57. Moïse demanda à Dieu de l'eau pour désaltérer son peuple, et nous
lui dîmes : Frappe le rocher de ta baguette. Tout d'un coup jaillirent
douze sources, et chaque troupe connut aussitôt le lieu où elle devait
se désaltérer. Nous dîmes aux enfants d'Israël : Mangez et buvez des largesses
de Dieu, et ne commettez point des désordres sur la terre.
58. Lorsque vous avez dit : 0 Moïse ! nous ne pouvons supporter plus
longtemps une seule et même nourriture ; prie ton Seigneur qu'il fasse
pousser pour nous de ces produits de la terre, des légumes, des concombres,
des lentilles, de l'ail et des oignons. Moïse vous répondit : Voulez-vous
échanger ce qui est bon contre ce qui est mauvais ? Eh bien, rentrez en
Egypte, vous y trouverez ce que vous demandez. Et l'avilissement et la
pauvreté s'étendirent sur eux, et ils s'attirèrent la colère de Dieu,
parce qu'ils ne croyaient point à ses signes et tuaient injustement leurs
prophètes. Voilà quelle fut la rétribution de leur révolte et de leur
méchanceté.
59. Ceux qui ont cru*, ceux qui suivent la religion juive, les chrétiens,
les sabéens et quiconque aura cru en Dieu et au jour dernier, et qui aura
pratiqué le bien, tous ceux-là recevront une récompense de leur Seigneur
; la crainte ne descendra point sur eux, et ils ne seront point affligés.
*On a voulu conclure des paroles de ce verset que les hommes de toute
religion pouvaient être sauvés, pourvu qu'ils reconnaissent l'existence
d'un seul Dieu et pratiquent les bonnes œuvres ; mais le sentiment unanime
des commentateurs s'oppose à cette interprétation, d'autant plus que le
verset 79 de la sourate III abroge celui-ci en mettant la profession de
l'islam comme condition indispensable du salut.
60. Lorsque nous acceptâmes votre alliance
et que nous eûmes dressé au-dessus de vos têtes le mont Sinaï, nous dîmes
: Recevez avec un ferme dévouement les lois que nous vous donnons,
et souvenez-vous de ce qu'elles contiennent. Peut-être craindrez-vous
Dieu.
61. Mais vous vous en êtes éloignés dans la suite, et si ce n'était
la grâce de Dieu et sa miséricorde, vous auriez péri. Vous connaissez
ceux d'entre vous qui ont transgressé le jour du sabbat : nous les
transformâmes en vils singes,
62. Et nous les fîmes servir d'exemple terrible à leurs contemporains,
à leurs descendants, et de signe d'avertissement à tous ceux qui craignent.
63. Moïse dit un jour à son peuple : Dieu vous ordonne d'immoler
une génisse ; les Israélites s'écrièrent : Nous prendras-tu en dérision
? Que Dieu me préserve, dit-il, d'être au nombre des insensés ! Prie ton
Seigneur, répondirent les Israélites, de nous expliquer clairement quelle
doit être cette génisse. Dieu veut, dit-il, qu'elle soit ni vieille ni
jeune, mais d'un âge moyen. Faites donc ce qui vous est ordonné.
64. Les Israélites ajoutèrent : Prie ton Seigneur de nous expliquer
clairement quelle doit être sa couleur. Dieu veut, leur dit Moïse, qu'elle
soit d'un jaune très prononcé, d'une couleur telle qu'elle réjouisse l'œil
de quiconque la verra.
65. - Prie le Seigneur de nous expliquer distinctement quelle doit être
cette génisse, car nous trouvons bien des génisses qui se ressemblent,
et nous ne serons bien dirigés dans notre choix que si Dieu le veut.
66. Dieu vous dit, reprit Moïse, que ce ne soit pas une génisse fatiguée
par le travail du labourage ou de l'arrosement des champs, mais une génisse
dont le mâle n'ait jamais approché, qu'elle soit sans aucune tache. Maintenant,
s'écria le peuple, tu nous a dit la vérité. - Ils immolèrent la génisse
; et cependant peu s'en fallut qu'ils ne l'eussent point fait.
67. Rappelez-vous ce meurtre qui a été commis sur un homme d'entre vous
; ce meurtre était l'objet de vos disputes. Dieu fit voir au grand jour
ce que vous cachiez*.
*C'est une allusion à un événement arrivé chez. les juifs, et à la manière
dont fut découvert l'auteur d'un meurtre.
68. Nous commandâmes de frapper le mort avec un des membres de la génisse
; c'est ainsi que Dieu ressuscite les morts et fait briller à vos yeux
ses miracles ; peut-être finirez-vous par comprendre.
69. Vos cœurs se sont endurcis depuis ; ils sont comme des rochers, et
plus durs encore, car des rochers coulent des torrents ; les rochers
se fendent et font jaillir l'eau ; il y en a qui s'affaissent par la crainte
de Dieu, et certes Dieu n'est pas inattentif à vos actions.
70. Désirez-vous maintenant, ô musulmans,
que les juifs deviennent croyants à cause de vous ? Un certain nombre
d'entre eux cependant obéissaient à la parole de Dieu ; mais par la suite
ils l'altérèrent sciemment après l'avoir comprise.
71. S'ils rencontrent les fidèles, ils disent : Nous croyons ; mais aussitôt
qu'ils se voient seuls entre eux, ils disent : Racontez-vous aux musulmans
ce que Dieu vous a révélé, afin qu'ils s'en servent devant lui pour vous
combattre ? Ne comprenez-vous pas où cela aboutit ?
72. Ignorent-ils donc que le Très-Haut sait ce qu'ils cachent comme ce
qu'ils mettent au grand jour ?
73. Parmi eux le vulgaire ne connaît pas le livre (le Pentateuque), mais
seulement les contes mensongers, et n'a pas de croyance ferme. Malheur
à ceux qui, écrivant le livre de leurs mains corruptrices, disent, pour
en tirer un vil salaire : Voilà le livre de Dieu. Malheur à eux, à cause
de ce que leurs mains ont écrit, et à cause du gain qu'ils en retirent.
74. Ils disent : Si le feu nous atteint, ce ne sera que pour un petit
nombre de jours. Dis-leur : En avez-vous reçu de Dieu un engagement qu'il
ne révoquera jamais, ou bien n'avancez-vous pas ce que vous ignorez ?
75. Bien loin de là : ceux qui n'ont pour tout gain que leurs mauvaises
actions, ceux que leurs péchés enveloppent de tous côtés, ceux-là seront
voués au feu, et ils y demeureront éternellement.
76. Mais ceux qui ont cru et pratiqué le bien, ceux-là seront en possession
du paradis, et y séjourneront éternellement.
77. Quand nous reçûmes l'alliance des enfants d'Israël, nous leur dîmes
: N'adorez qu'un seul Dieu ; tenez une belle conduite envers vos pères
et mères, envers vos proches, envers les orphelins et les pauvres ; n'ayant
que des paroles de bonté pour tous les hommes : acquittez-vous exactement
de la prière ; donnez l'aumône. Excepté un petit nombre, vous vous êtes
montrés récalcitrants, et vous vous êtes détournés de nos commandements.
78. Quand nous stipulâmes avec vous que vous ne verseriez point le sang
de vos frères, et que vous ne vous banniriez point réciproquement de votre
pays, vous y donnâtes votre assentiment, et vous en fûtes vous-mêmes
témoins.
79. Et cependant vous avez exercé des meurtres entre vous, vous avez chassé
une partie d'entre vous de votre pays, vous vous prêtez une assistance
mutuelle pour les accabler d'injures et d'oppression ; mais s'ils deviennent
vos captifs, vous les rachetez, et il vous était défendu de les chasser
de leur pays. Croirez-vous donc à une partie de votre livre, et en rejetterez-vous
une autre ; et quelle sera la récompense de celui qui agit de la sorte
? L'ignominie dans ce monde sera leur partage, et au jour de la résurrection,
ils seront refoulés vers le plus cruel des châtiments. Et certes Dieu
n'est pas inattentif à vos actions.
80. Ceux qui achètent la vie de ce monde au
prix de la vie future, le châtiment ne sera point adouci pour eux, et
ils n'auront aucun secours.
81. Nous avons donné le livre de la Loi à Moïse, et nous l'avons fait
suivre par d'autres envoyés ; nous avons accordé à Jésus, fils de Marie,
des signes manifestes (de sa mission), et nous l'avons fortifié par l'esprit
de la sainteté*. Toutes les fois que les envoyés du Seigneur vous apporteront
une doctrine qui heurte vos passions, leur résisterez-vous orgueilleusement,
en accuserez-vous une partie de mensonge, et massacrerez-vous les autres
?
*C'est, conformément à l'opinion de Muhammad, l'ange Gabriel.
82. Ils ont dit : Nos cœurs sont incirconcis. Dieu les a maudits à cause
de leur incrédulité. Oh ! combien le nombre des croyants est petit
!
83. Après qu'ils eurent reçu de la part de Dieu un livre confirmant
leurs Ecritures (auparavant ils imploraient le secours du ciel contre
les incrédules) ; après qu'ils eurent reçu le livre qui leur avait été
prédit, ils ont refusé d'y ajouter foi ! Que la malédiction de Dieu
atteigne les infidèles.
84. C'est un vil prix que celui pour lequel ils ont vendu leurs âmes ;
ils ne croient point à ce qui est envoyé d'en haut, par jalousie, parce
que Dieu a, par l'effet de sa grâce, envoyé un livre à celui d'entre ses
serviteurs qu'il lui a plu de choisir. Ils s'attirent de la part de Dieu
colère sur colère. Le châtiment ignominieux est préparé aux infidèles.
85. Lorsqu'on leur dit : Croyez à ce que Dieu a envoyé du ciel, ils répondent
: Nous croyons aux Ecritures que nous avons reçues ; et ils rejettent
le livre venu depuis, et cependant ce livre confirme leurs Ecritures.
Dis-leur : Pourquoi donc avez-vous tué les envoyés du Seigneur, si vous
aviez la foi ?
86. Moïse était venu au milieu de vous avec des signes manifestes,
et vous avez pris le veau pour objet de votre adoration. N'avez-vous donc
pas agi avec iniquité ?
87. Lorsque nous eûmes accepté votre alliance et élevé au-dessus de vos
têtes le mont Sinaï, nous fîmes entendre ces paroles : Recevez nos lois
avec une résolution ferme de les conserver, et écoutez-les. Ils répondirent
: Nous avons entendu, mais nous n'obéirons pas ; et leurs cœurs étaient
encore abreuvés du culte du veau. Dis leur : Viles suggestions que celles
que vous inspire votre croyance, si vous en avez une.
88. Dis-leur : S'il est vrai qu'un séjour étemel séparé du reste des mortels
vous soit réservé chez Dieu, osez désirer la mort, si vous êtes sincères.
89. Mais non, ils ne la demanderont jamais, à cause des œuvres de leurs
mains, et Dieu connaît les pervers.
90. Tu les trouveras plus avides de vivre
que tous les autres hommes, que les idolâtres même ; tel d'entre eux désire
vivre mille ans ; mais ce long âge ne saurait l'arracher au supplice qui
les attend, parce que Dieu voit leurs actions.
91. Dis : Qui se déclarera l'ennemi de Gabriel ? C'est lui qui, par la
permission de Dieu, a déposé sur ton cœur le livre destiné à confirmer
les livres sacrés venus avant lui pour servir de direction et annoncer
d'heureuses nouvelles aux croyants.
92. Celui qui sera l'ennemi du Seigneur, de ses anges, de ses envoyés,
de Gabriel et de Michel, aura Dieu pour ennemi, car Dieu hait les infidèles.
93. Nous t'avons envoyé des signes manifestes, les pervers seuls refuseront
d'y croire.
94. Toutes les fois qu'ils stipulent un pacte, se trouvera-t-il une portion
parmi eux qui le mette de côté ? Oui, la plupart d'entre eux ne croient
pas.
95. Lorsque l'apôtre vint au milieu d'eux de la part de Dieu, confirmant
leurs livres sacrés, une portion d'entre ceux qui ont reçu les Ecritures
jetèrent derrière leurs dos le livre de Dieu, comme s'ils ne le connaissaient
pas.
96. Ils ont suivi ce que les démons avaient imaginé contre le royaume
de Salomon ; mais ce n'est pas Salomon qui fut infidèle, ce sont les démons.
Ils enseignent aux hommes la magie et la science qui avait été donnée
aux deux anges de Babylone, Harout et Marout. Ceux-ci n'instruisaient
personne dans leur art sans dire : Nous sommes la tentation, prends garde
de devenir infidèle ; les hommes apprenaient d'eux les moyens de semer
la désunion entre l'homme et sa femme ; mais les anges n'attaquaient personne
sans la permission de Dieu ; cependant les hommes apprenaient ce qui leur
était nuisible, et non pas ce qui pouvait leur être avantageux, et ils
savaient que celui qui avait acheté cet art était déshérité de toute part
dans la vie future. Vil prix que celui pour lequel ils ont livré leur
âme, s'ils l'eussent su !
97. La foi et la crainte du Seigneur leur aurait procuré une meilleure
récompense, s'ils l'eussent su !
98. 0 vous qui croyez ! ne vous servez pas du mot ra'ina (observez-nous),
dites unzurna (regardez-nous*). Obéissez à cet ordre. Un châtiment douloureux
attend les infidèles.
*Muhammad a voulu substituer dans la salutation le mot unzur au mot râ'i,
car ce dernier était, d'après les commentateurs, susceptible d'une signification
malveillante, surtout employé par les juifs de son temps.
99. Ceux qui possèdent les Ecritures ainsi que les idolâtres ne veulent
pas qu'une faveur quelconque descende sur vous de la part de votre Seigneur
; mais Dieu accorde sa grâce à qui il veut, car il est plein de bonté
et il est grand.
100. Nous n'abrégerons aucun verset de ce
livre, ni n'en ferons effacer un seul de ta mémoire sans le remplacer
par un autre, meilleur ou pareil. Ne sais-tu pas que Dieu est tout-puissant
?
101. Ne sais-tu pas que l'empire du ciel et de la terre appartient à Dieu,
et que vous n'avez d'autre protecteur ni de défenseur que lui ?
102. Exigerez-vous de vos apôtres ce que les juifs exigeaient autrefois
de Moïse* ? Celui qui échange la foi contre l'incrédulité, celui-là
s'égare du chemin droit.
*De leur faire voir Dieu.
103. Beaucoup d'entre ceux qui possèdent les Ecritures désirent vous faire
retomber dans l'incrédulité, excités par la jalousie et après que la vérité
eut apparu clairement à leurs yeux. Pardonnez-leur ; mais évitez-les jusqu'à
ce que vous receviez à cet égard les ordres du Très-Haut qui est tout-puissant.
104. Acquittez-vous avec exactitude de la prière, faites l'aumône ; le
bien que vous aurez fait, vous le retrouverez auprès de Dieu qui voit
vos actions.
105. Ils disent : les juifs ou les chrétiens seuls entreront dans le paradis.
C'est une de leurs assertions mensongères. Dis-leur : Où sont vos preuves
? Apportez-les si vous êtes sincères.
106. Loin de là, celui qui se sera livré entièrement* à Dieu et qui aura
pratiqué le bien trouvera sa récompense auprès de son Seigneur ; la crainte
ne l'atteindra pas, et il ne sera point affligé.
*On pourrait traduire ces mots par : qui se sera fait mousiim (musulman)
: le mot mousiim veut dire celui qui se résigne à la volonté de Dieu et
qui se livre entièrement à lui. Nous observerons seulement qu 'il est
plus exact de traduire soumis à la volonté de Dieu que d'y substituer
le mot mousiim, musulman, car, dans ce dernier cas, le mot serait sans
régime.
107. Les juifs disent : les chrétiens ne s'appuient sur rien ; les chrétiens
de leur côté disent : les juifs ne s'appuient sur rien, et cependant les
uns et les autres lisent les Ecritures. Les idolâtres qui ne connaissent
rien tiennent un langage pareil. Au jour de la résurrection. Dieu prononcera
entre eux sur l'objet de la dispute.
108. Qui est plus injuste que celui qui empêche que le nom de Dieu retentisse
dans les temples, et qui travaille à leur ruine ? Ils ne devraient y entrer
qu'en tremblant. L'ignominie sera leur partage dans ce monde, et le châtiment
cruel leur est préparé dans l'autre.
109. A Dieu appartiennent le levant et le couchant ; de quelque côté que
vous vous tourniez, vous rencontrerez sa face*. Dieu est immense et il
sait tout.
*Ce verset se trouve abrogé par le verset 139 de la même sourate. Or,
le temple de la Kaaba, à La Mecque, a été définitivement désigné comme
le point vers lequel les musulmans doivent se tourner en priant.
110. Ils disent : Dieu a des enfants. Loin
de lui ce blasphème ! tout ce qui dans les cieux et sur la terre lui appartient,
et tout lui obéit.
111. Unique dans les cieux et sur la terre, dès qu'il a résolu quelque
chose, il dit : Sois, et elle est.
112. Ceux qui ne connaissent rien (les idolâtres) disent : Si Dieu ne
nous parle pas, ou si tu ne nous fais voir un signe, nous ne croirons
point. Ainsi parlaient leurs pères ; leurs langages et leurs cœurs se
ressemblent. Nous avons fait éclater assez de signes pour ceux qui ont
la foi.
113. Nous t'avons envoyé avec la vérité et chargé d'annoncer et d'avertir.
L'on ne te demandera aucun compte de ceux qui seront précipités dans l'enfer.
114. Les juifs et les chrétiens ne t'approuveront que quand tu auras embrassé
leur religion. Dis-leur : La direction qui vient de Dieu est seule véritable
; si tu te rendais à leurs désirs, après avoir reçu la science*, tu ne
trouverais en Dieu ni protection ni secours.
*C'est-à-dire après la révélation du Coran
115. Ceux à qui nous avons donné le livre et qui le lisent comme il convient
de le lire, ceux-là croient en lui ; mais ceux qui n'y ajoutent aucune
foi seront voués à la perdition.
116. 0 enfants d'Israël ! souvenez-vous des bienfaits dont je vous ai
comblés ; souvenez-vous que je vous ai élevés au-dessus de tous les humains.
117. Redoutez le jour où une âme nesatisfera point pour une autre âme,
où ne sera reçue aucune compensation, où ne sera admise aucune intercession,
où il n'y aura aucun secours à attendre.
118. Lorsque Dieu tenta Abraham par des paroles, et que celui-ci eut accompli
ses ordres. Dieu lui dit : je t'établirai l'Iman des peuples*. Choisis-en
aussi dans ma famille, dit Abraham. Mon alliance, reprit le Seigneur,
ne comprendra point les méchants.
*C'est-à-dire chef en matière de religion, chargé de diriger les hommes
dans l'accomplissement des œuvres de dévotion.
119. Nous établîmes la maison sainte pour être la retraite et l'asile
des hommes, et nous dîmes : Prenez la station d'Abraham pour oratoire
; nous fîmes un pacte avec Abraham et Ismaël en leur disant : Purifiez
ma maison pour ceux qui viendront en faire le tour*, pour ceux qui viendront
pour y vaquer à la prière, aux génuflexions et aux prosternations.
*C'était une des cérémonies religieuses que défaire le tour d'un temple
: cette cérémonie pratiquée par les Arabes idolâtres, relativement à leur
temple, s'est conservée dans l'islam par rapport au temple de la Kaaba.
120. Alors Abraham dit à Dieu : Seigneur,
accorde à cette con-u-ée la sécurité et la nourriture de tes fruits à
ceux qui croiront en Dieu et au jour dernier. Je l'accorderai aux infidèles
aussi, mais ils n'en jouiront qu'un espace de temps borné ; ensuite je
les refoulerai vers le châtiment du feu. Quelle affreuse route que la
leur !
121. Lorsque Abraham et Ismaël eurent élevé les fondements de la maison,
il s'écrièrent : Agrée-la, ô notre Seigneur, car tu entends et connais
tout.
122. Fais, ô notre Seigneur, que nous soyons résignés à ta volonté (musulman),
que notre postérité soit un peuple résigné à toi (musulman) ; enseigne-nous
les rites sacrés, et daigne jeter tes regards vers nous, car tu aimes
à agréer la pénitence et tu es miséricordieux.
123. Suscite un apôtre au milieu d'eux, afin qu'il leur lise le récit
de tes miracles*, leur enseigne le Coran et la sagesse, et qu'il les rende
purs.
*Mot à mot : qui leur lise tes signes. Le mot signe étant applicable aux
versets d'un livre divin, on peut lui adjoindre le mot lire
124. Et qui aura de l'aversion pour la religion d'Abraham, si ce n'est
l'insensé ? Nous l'avons élu dans ce monde, et il sera dans l'autre au
nombre des justes.
125. Lorsque Dieu dit à Abraham : Résigne-toi à ma volonté, il répondit
: Je me résigne à la volonté de Dieu, maître de l'univers.
126. Abraham recommanda cette croyance à ses enfants, et Jacob en fit
autant ; il leur dit : 0 mes enfants ! Dieu vous a choisi une religion,
ne mourez pas sans l'avoir embrassée.
127. Etiez-vous témoins lorsque la mort vint visiter Jacob, et lorsqu'il
demanda à ses enfants : Qu'adorerez-vous après ma mort ? Ils répondirent
: Nous adorerons ton Dieu, le Dieu de tes pères Abraham, Ismaël et Jacob,
le Dieu unique, et nous serons résignés à lui.
128. Cette génération a passé, elle a emporté avec elle le prix de ses
œuvres ; vous en recevrez aussi celui des vôtres, et on ne vous demandera
point compte de ce qu'ils ont fait.
129. On vous dit : Soyez juifs ou chrétiens, et vous serez sur le bon
chemin. Répondez-leur : Nous sommes plutôt de la religion d'Abraham, vrai
croyant, et qui n'était point du nombre des idolâtres.
130. Dites : Nous croyons en Dieu et à ce
qui a été envoyé d'en haut à nous, à Abraham et à Ismaël, à Isaac, à Jacob,
aux douze tribus, aux livres qui ont été donnés à Moïse et à Jésus, aux
livres accordés aux prophètes par le Seigneur ; nous ne mettons point
de différence entre eux, et nous sommes résignés à la volonté de Dieu.
131 S'ils (les juifs et les chrétiens) adoptent votre croyance, ils sont
dans le chemin droit ; s'ils s'en éloignent, ils font une scission
avec vous ; mais Dieu vous suffit, il entend et sait tout.
132. C'est une confirmation de la part de Dieu ; et qui est plus capable
de donner une confirmation que Dieu ?
133. Dis-leur : Disputerez-vous avec nous de Dieu ? Il est notre Seigneur
et le vôtre ; nous avons nos actions et vous avez les vôtres. Nous sommes
sincères dans notre culte.
134. Direz-vous qu'Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les douze tribus étaient
juifs ou chrétiens ? Dis-leur : Qui donc est plus savant, de Dieu ou de
vous ? Et qui est plus coupable que celui qui cache le témoignage dont
Dieu l'a fait le dépositaire ? Mais Dieu n'est point inattentif à ce que
vous faites.
135. Ces générations ont disparu. Elles ont emporté le prix de leurs œuvres,
de même que vous emporterez celui des vôtres. On ne vous demandera point
compte de ce qu'elles ont fait.
136. Les insensés parmi les hommes demanderont : Pourquoi Muhammad change-t-il
la qibla* ? Réponds-leur : L'Orient et l'Occident appartiennent au Seigneur
; il conduit ceux qu'il veut dans le droit chemin.
*Qibla est le point vers lequel on se tourne en priant.
137. C'est ainsi que nous avons fait de vous une nation intermédiaire,
afin que vous soyez témoins vis-à-vis de tous les hommes, et que l'Apôtre
soit témoin par rapport à vous.
138. Nous n'avons établi la précédente qibla que pour distinguer celui
d'entre vous qui aura suivi le prophète de celui qui s'en détourne*. Ce
changement est une gêne, mais non pas pour ceux que Dieu dirige. Dieu
souffrira pas que votre croyance soit sans fruit, car il est plein de
bonté et de miséricorde pour les hommes.
*Mot à mot : qui se retourne sur ses talons.
139. Nous t'avons vu tourner incertain ton visage de tous les côtés du
ciel ; nous voulons que tu le tournes dorénavant vers une région dans
laquelle tu te complairas. Toume-le donc vers la plage de l'oratoire sacré.
En quelque lieu que vous soyez, tournez-vous vers cette plage. Ceux qui
ont reçu les Ecritures savent que c'est la vérité qui vient du Seigneur,
et Dieu n'est point inattentif à leurs actions.
140. Quand même tu feras en présence de ceux
qui ont reçu les Ecritures toute sorte de miracles, ils n'adopteraient
pas ta qibla (direction dans la prière). Toi tu n'adopteras pas non plus
la leur. Parmi eux-mêmes, les uns ne suivent point la qibla des autres.
Si, après la science que tu as reçue, tu suivais leurs désirs, tu serais
du nombre des impies.
141. Ceux qui ont reçu les Ecritures connaissent l'Apôtre comme leurs
propres enfants* ; mais la plupart cachent la vérité qu'ils connaissent.
*C'est-à-dire qu 'au fond, ils sont convaincus de la vérité de sa mission.
142. La vérité vient de ton Seigneur. Ne sois donc pas de ceux qui doutent.
143. Chaque peuple a une plage du ciel vers laquelle il se tourne en priant.
Vous, efforcez-vous à pratiquer les bonnes œuvres partout où vous êtes.
Dieu vous rassemblera tous un jour, car il est tout-puissant.
144. De quelque lieu que tu sortes, tourne ton visage vers l'oratoire
sacré. C'est un précepte vrai émané de ton Seigneur, et Dieu n'est point
inattentif à vos actions.
145. De quelque lieu que tu sortes, tourne ton visage vers l'oratoire
sacré. En quelque lieu que vous soyez, tournez vos visages de ce côté-là,
afin que les hommes n'aient aucun prétexte de dispute contre vous. Quant
aux impies, ne les craignez point, mais craignez-moi ; afin que j'accomplisse
mes bienfaits sur vous, et que vous soyez dans la droite voie.
146. C'est ainsi que nous avons envoyé des prophètes de votre nation,
afin qu'ils vous lisent le récit de nos miracles ; afin que chacun d'eux
vous rende purs et vous enseigne le livre (le Coran), la sagesse, et qu'il
vous apprenne ce que vous ignoriez.
147. Souvenez-vous de moi, et je me souviendrai de vous ; rendez
des actions de grâces, et ne soyez pas ingrats envers moi.
148. 0 croyants ! implorez le secours du ciel par la prière et la patience.
Dieu est avec les patients.
149. Ne dites pas que ceux qui sont tués dans la voie de Dieu sont des
morts. Non, ils sont vivants ; mais vous ne le comprenez pas.
150. Nous vous éprouverons par la peur et
la faim, par les pertes dans vos biens et dans vos hommes, par les dégâts
dans vos récoltes. Annonce des nouvelles heureuses à ceux qui souffriront
patiemment.
151. A ceux qui, quand un malheur s'appesantit sur eux, s'écrient : Nous
sommes à Dieu, et nous retournerons à lui.
152. Les bénédictions du Seigneur et sa miséricorde s'étendront sur eux.
Ils seront dirigés dans la droite voie.
153. Safa et Merwa* sont des monuments de Dieu ; celui qui fait le pèlerinage
de La Mecque ou qui visitera la maison sainte ne commet aucun péché s'il
fait le tour de ces deux collines. Celui qui aura fait une bonne œuvre
de son propre mouvement recevra une récompense ; car Dieu est reconnaissant
et connaît tout.
*Safa et Merwa, collines à peu de distance de La Mecque, sont consacrées
par la religion.
154. Que ceux qui dérobent à la connaissance des autres les miracles et
la vraie direction après que nous les avons fait connaître dans le
livre (le Pentateuque) soient maudits de Dieu et de tous ceux qui savent
maudire.
155. Ceux qui reviennent à moi, qui se corrigent et font connaître la
vérité aux autres, à ceux-là, je reviendrai aussi, car j'aime à revenir
vers un pécheur converti, et je suis miséricordieux.
156. Ceux qui mourront infidèles seront frappés de la malédiction
de Dieu, des anges et de tous les hommes.
157. Ils en seront éternellement couverts ; leurs tourments ne s'adouciront
point, et Dieu ne tournera point vers eux ses regards.
158. Votre Dieu est le Dieu unique ; il n'y en a point d'autre, il est
le clément et le miséricordieux.
159. Dans la création des deux et de la terre, dans la succession alternative
des jours et des nuits, dans les vaisseaux qui voguent à travers la mer
pour apporter aux hommes des choses utiles, dans cette eau que Dieu fait
descendre du ciel et avec laquelle il rend la vie à la terre morte naguère
et où il a disséminé des animaux de toute espèce, dans les variations
des vents et dans les nuages astreints au service entre le ciel et la
terre, dans tout ceci il y a certes des signes pour tous ceux qui ont
de l'intelligence.
160. Il est des hommes qui placent à côté
de Dieu des compagnons qu'ils aiment à l'égal de Dieu ; mais ceux
qui croient aiment Dieu par-dessus tout. Oh ! que des impies reconnaîtront
au moment du châtiment qu'il n'y a d'autre puissance que celle de Dieu,
et qu'il est terrible dans ses châtiments !
161. Lorsque les chefs* seront séparés de ceux qui les suivaient ; qu'ils
verront le châtiment, et que tous les liens qui les unissaient seront
rompus.
*Mot à mot : ceux qui ont été suivis.
162. Les sectateurs s'écrieront : Ah ! si nous pouvions retourner sur
la terre, nous nous séparerions d'eux comme ils se séparent maintenant
de nous. C'est ainsi que Dieu leur fera voir leurs œuvres. Ils pousseront
des soupirs de regrets, mais ils ne sortiront point du feu.
163. 0 hommes* ! nourrissez-vous de tous les fruits licites et délicieux.
Ne marchez point sur les traces de Satan, car il est votre ennemi déclaré.
*Voyez, sur la valeur de cette allocution, la note du verset 19.
164. Il vous ordonne le mal et les infamies, il vous apprend à dire de
Dieu ce que vous ne savez pas.
165. Lorsqu'on leur dit : Suivez la loi que Dieu vous a envoyée, ils répondent
: Nous suivons les habitudes de nos pères. Comment suivront-ils leurs
pères qui n'entendaient rien et qui n'étaient point dans la droite voie
?
166. Les infidèles ressemblent à celui qui crie à un homme qui n'entend
que le son de la voix et le cri (sans distinguer les paroles). Sourds,
muets, aveugles, ils ne comprennent rien.
167. 0 croyants ! nourrissez-vous des mets délicieux que nous vous accordons,
et rendez grâces à Dieu si vous êtes ses adorateurs.
168. Il vous et interdit de manger les animaux morts, le sang, la chair
du porc, et tout animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que celui
de Dieu. Celui qui le ferait, contraint par la nécessité et non comme
rebelle et transgresseur, ne sera pas coupable, car Dieu est indulgent
et miséricordieux.
169. Ceux qui dérobent aux hommes les préceptes du livre envoyé d'en haut
par l'appât d'un vil intérêt remplissent leurs entrailles de feu. Dieu
ne leur adressera pas la parole au jour de la résurrection et ne les absoudra
pas. Un supplice douloureux les attend.
170. Ceux qui achètent l'égarement pour la
direction et le châtiment pour la pardon de Dieu, comment supporteront-ils
le feu ?
171. Ils y seront condamnés, parce que Dieu a envoyé un livre véritable,
et que ceux qui se disputent à son sujet forment une scission qui les
place bien loin de la vérité.
172. La vertu ne consiste point en ce que vous tourniez vos visages du
côté du levant ou du couchant : vertueux sont ceux qui croient en Dieu
et au jour dernier, aux anges et au livre, et aux prophètes, qui donnent
pour l'amour de Dieu des secours à leurs proches et aux orphelins, aux
pauvres et aux voyageurs, et à ceux qui demandent, qui rachètent les captifs,
qui observent la prière, qui font l'aumône, remplissent les engagements
qu'ils contractent, se montrent patients dans l'adversité, dans les temps
durs et dans les temps de violences. Ceux-là sont justes et craignent
le Seigneur.
173. 0 croyants ! la peine du talion vous est prescrite pour le meurtre.
Un homme libre pour un homme libre, l'esclave pour l'esclave, et une femme
pour une femme. Celui qui obtiendra le pardon de son frère sera tenu de
payer une certaine somme, et la peine sera prononcée contre lui avec humanité.
174. C'est un adoucissement* de la part de votre Seigneur et une faveur
de sa miséricorde ; mais quiconque se rendra coupable encore une fois
d'un crime pareil sera livré au châtiment douloureux.
*A la rigueur de la loi du talion.
175. Dans la loi du talion est votre vie, ô hommes doués d'intelligence
! Peut-être finirez-vous par craindre Dieu.
176. Il vous est prescrit que lorsque l'un d'entre vous se trouve à l'approche
de la mort, il doit laisser par testament ses biens à ses père et mère
et à ses proches d'une manière généreuse. C'est un devoir pour ceux qui
craignent Dieu.
177. Celui qui, après avoir entendu les dispositions du testament
au moment de sa mort, les aura dénaturées, commet un crime*. Dieu voit
et entend tout.
*Le texte porte : son crime retombe sur ceux qui les dénaturent, c'est-à-dire
qu'on ne saurait faire un reproche au testateur des dispositions défavorables,
mais bien à celui qui les a altérées en les rapportant.
178. Celui qui, craignant une erreur ou un injustice de la part du testateur,
aura réglé les droits des héritiers avec justice n'est point coupable.
Dieu est indulgent et miséricordieux.
179. 0 croyants ! le jeûne vous est prescrit, de même qu'il a été prescrit
à ceux qui vous ont précédés. Craignez le Seigneur.
180. Le jeûne ne durera qu'un nombre de jours
déterminé. Mais celui qui est malade ou en voyage (et qui n'aura pas pu
accomplir le jeûne dans le temps prescrit) jeûnera dans la suite un nombre
de jours égal. Ceux qui, pouvant supporter le jeûne, le rompront, donneront
à titre d'expiation la nourriture d'un pauvre. Quiconque accomplit volontairement
une œuvre de dévotion en retire un avantage. Avant tout, il est bien que
vous observiez le jeûne si vous connaissez la loi.
181. La lune de Ramadan dans laquelle le Coran est descendu d'en haut
pour servir de direction aux hommes, pour leur en donner une explication
claire, et de distinction entre le bien et le mal, est le temps destiné
à l'abstinence. Quiconque aura aperçu cette lune se disposera aussitôt
à jeûner. Celui qui sera malade ou en voyage jeûnera dans la suite un
nombre de jours égal. Dieu veut vous mettre à votre aise, il ne veut point
de choses difficiles. Il veut seulement que vous accomplissiez le nombre
voulu, et que vous le glorifiez de ce qu'il vous dirige dans la droite
voie ; il veut que vous soyez reconnaissants.
182. Lorsque mes serviteurs te parleront de moi, je serai près d'eux,
j'exaucerai la prière du suppliant qui m'implore ; mais qu'ils m'écoutent,
qu'ils croient en moi, afin qu'ils marchent droit.
183. Il vous est permis de vous approcher de vos femmes dans la nuit du
jeûne. Elles sont votre vêtement et vous êtes le leur. Dieu savait que
vous aviez été transgresseurs à cet égard. Il est revenu à vous et vous
a pardonné. Voyez vos femmes dans le désir de recueillir les fruits
qui vous sont réservés. Il vous est permis de manger et de boire jusqu'au
moment où vous pourrez déjà distinguer le fil blanc d'un fil noir. A partir
de ce moment, observez strictement le jeûne jusqu'à la nuit. Pendant ce
temps n'ayez aucun commerce avec vos femmes, passez-le plutôt en actes
de dévotion dans les mosquées. Telles sont les limites de Dieu*.
*C'est-à-dire posées par Dieu. De là, le mot limite se prend pour tout
précepte divin.
N'en approchez point de peur de les franchir. C'est ainsi que Dieu développe,
explique ses signes* aux hommes, afin qu'ils le craignent.
*Ou versets du Coran.
184. Ne dissipez point vos richesses en dépenses inutiles entre vous ;
ne les portez pas non plus aux juges dans le but de consumer injustement
le bien d'autrui. Vous le savez.
185. Ils t'interrogeront sur les nouvelles lunes. Dis-leur : Ce sont les
temps établis pour l'utilité des hommes et pour marquer le pèlerinage
de La Mecque. La vertu ne consiste pas en ce que vous rentriez dans vos
maisons par une ouverture pratiquée derrière*, elle consiste dans la crainte
de Dieu. Entrez donc dans vos maisons par les portes d'entrée et craignez
Dieu. - Vous serez heureux.
*Lorsque les Arabes revenaient du pèlerinage de La Mecque, ils se croyaient
sanctifiés, et regardant comme profane la porte par laquelle ils entraient
d'habitude dans leurs maisons, ils en faisaient ouvrir une au côté opposé.
Muhammad condamne cet usage.
186. Combattez dans la voie de Dieu* contre ceux qui vous feront la guerre.
Mais ne commettez point d'injustice en les attaquant les premiers, car
Dieu n'aime point les injustes.
*L'expression : combattre dans la voie de Dieu est consacrée pour la guerre
sainte, ou pour la cause de Dieu en général.
187. Tuez-les partout où vous les trouverez, et chassez-les d'où ils vous
auront chassés. La tentation à l'idolâtre est pire que le carnage à la
guerre. Ne leur livrez point de combat auprès de l'oratoire sacré, à moins
qu'ils ne vous y attaquent. S'ils le font, tuez-les. Telle est la récompense
des infidèles.
188. S'ils mettent un terme à ce qu'ils font : certes Dieu est indulgent
et miséricordieux.
189. Combattez-les jusqu'à ce que vous n'ayez point à craindre la tentation,
et que tout culte soit celui du Dieu unique. S'ils mettent un terme à
leurs actions, plus d'hostilités. Les hostilités ne seront dirigées que
contre les impies.
190. Le mois sacré pour le mois sacré. S'ils
vous attaquent dans l'enceinte sacrée, agissez de même par droit du talion.
Quiconque agira violemment contre vous, agissez de même à son égard. Craignez
le Seigneur, et apprenez qu'il est avec ceux qui craignent.
191. Employez vos biens pour la cause de Dieu, et 'ie vous précipitez
pas de vos propres mains dans l'abîme. Faites le bien, car Dieu aime ceux
qui font le bien.
192. Faites le pèlerinage de La Mecque, et la visite du temple en l'honneur
de Dieu. Si vous en êtes empêchés étant cernés par les ennemis, envoyez
au moins quelque légère; offrande. Ne rasez point vos têtes jusqu'à ce
que l'offrande soit parvenue au lieu où l'on doit l'immoler. Celui qui
serait malade ou que quelque indisposition obligerait à se raser sera
tenu d'y satisfaire par le jeûne, par l'aumône ou par quelque offrande.
Lorsque vous n'avez rien à craindre de vos ennemis, celui qui se contente
d'accomplir la visite du temple et remet le pèlerinage à une autre
époque fera une légère offrande ; s'il n'en a pas les moyens, trois jours
de jeûne en seront une expiation pendant le pèlerinage même, et sept après
le retour : dix jours en tout. Cette expiation est imposée à celui dont
la famille ne se trouvera pas présente au temple de La Mecque. Craignez
Dieu, et sachez qu'il est terrible dans ses châtiments.
193. Le pèlerinage se fera dans les mois prescrits. Celui qui l'entreprendra
doit s'abstenir des femmes, des transgressions des préceptes et de
ries. Le bien que vous ferez sera connu de Dieu. Prenez des provisions
pour le voyage. La meilleure provision est la piété. Craignez-moi donc,
ô hommes doués de sens !
194. Ce n'est point un crime de demander à Dieu l'accroissement de
vos biens en exerçant le commerce durant le pèlerinage. Lorsque vous
retournerez au mont Arafat, souvenez-vous du Seigneur près du monument
sacré* ; souvenez-vous de lui, parce qu'il vous a dirigés dans la droite
voie, vous qui étiez naguère dans l'égarement.
*C'est le nom d'une montagne où, Muhammad s'étant retiré un jour pour
prier, son visage devint tout rayonnant.
195. Faites ensuite des processions dans les lieux où les autres le font.
Implorez le pardon de Dieu, car il est indulgent et miséricordieux.
196. Lorsque vous aurez terminé vos cérémonies, gardez le souvenir
de Dieu comme vous gardez celui de vos pères, et même plus vif encore.
Ils est des hommes qui disent : Seigneur, donne-nous notre portion de
biens dans ce monde. Ceux-ci n'auront point de part dans la vie future.
197. Il en est d'autres qui disent : Seigneur, assigne-nous une belle
part dans ce monde et une belle part dans l'autre, et préserve-nous du
châtiment du feu.
198. Ceux-ci auront la part qu'ils auront méritée. Dieu est prompt dans
ses comptes avec les hommes.
199. Vous vous acquitterez des œuvres de dévotion pendant un nombre de
jours marqué. Celui qui aura hâté le départ (de la vallée de Mina) de
deux jours n'est point coupable ; celui qui l'aura retardé ne le sera
pas non plus, si toutefois il craint Dieu. Craignez-donc Dieu, et apprenez
que vous serez un jour rassemblés devant lui.
200. Tel homme excitera ton admiration par
la manière dont il te parlera de la vie de ce monde* : il prendra Dieu
à témoin des pensées de son cœur. Il est le plus acharné de tes adversaires.
*Allusion à un personnage qui voulait passer pour contempler des choses
mondaines et pour ami de Muhammad.
201. A peine t'a-t-il quitté qu'il parcourt le pays, y propage le désordre,
cause des dégâts dans les campagnes et parmi les bestiaux. Dieu n'aime
point le désordre.
202. Si on lui dit : Crains Dieu, l'orgueil s'ajoute à son impiété. Le
feu sera sa récompense. Quel affreux lieu de repos !
203. Tel autre s'est vendu soi-même pour faire une action agréable à Dieu.
Dieu est plein de bonté pour ses serviteurs.
204. 0 croyants ! entrez tous dans la vraie religion ; ne marchez pas
sur les traces de Satan ; il est votre ennemi déclaré.
205. Si vous tombez dans le péché après avoir reçu les signes évidents*,
sachez que Dieu est puissant et sage.
*les versets du coran
206. Les infidèles attendent-ils que Dieu vienne à eux dans les ténèbres
d'épais nuages, accompagné de ses anges. Alors tout sera consommé. Tout
retournera à Dieu.
207. Demande aux enfants d'Israël combien de signes évidents nous avons
fait éclater à leurs yeux. Celui qui fera changer les faveurs que Dieu
lui avait accordées apprendra que Dieu est terrible dans ses châtiments.
208. La vie de ce monde est pour ceux qui ne croient pas et qui se moquent
des croyants. Ceux qui craignent Dieu seront au-dessus d'eux au jour de
la résurrection. Dieu nourrit ceux qu'il veut sans leur compter ses bienfaits.
209. Les hommes formaient autrefois une seule nation. Dieu envoya les
prophètes chargés d'annoncer et d'avertir. Il leur donna un livre contenant
la vérité, pour prononcer entre les hommes sur l'objet de leurs disputes.
Or, les hommes ne se mirent à se disputer que par jalousie les uns contre
les autres, et après que les signes évidents leur furent donnés à tous.
Dieu fut le guide des hommes qui crurent à la vérité de ce qui était l'objet
des disputes avec la permission de Dieu, car il dirige ceux qu'il veut
vers le chemin droit.
210. Croyez-vous entrer dans le paradis sans
avoir éprouvé les maux qu'ont éprouvés ceux qui vous ont précédés ? Les
malheurs et la calamité les visitèrent ; ils furent ballottés par
l'adversité au point que le prophète et ceux qui croyaient avec lui
s'écrièrent : Quand donc arrivera le secours de Dieu ? Le secours du Seigneur
n'est-il pas proche ?
211. Ils t'interrogeront sur la façon de faire l'aumône. Dis-leur : II
faut secourir les parents, les proches, les orphelins, les pauvres, les
voyageurs. Le bien que vous ferez sera connu de Dieu.
212. On vous a prescrit la guerre et vous l'avez prise en aversion.
213. Il se peut que vous ayez de l'aversion pour ce qui vous est avantageux
et que vous aimiez ce qui vous est nuisible. Dieu le sait ; mais vous,
vous ne le savez pas.
214. Ils t'interrogeront sur le mois sacré ; ils te demanderont si l'on
peut faire la guerre dans ce mois. Dis-leur : La guerre dans ce mois est
un péché grave ; mais se détourner de la voie de Dieu, ne point croire
en lui, et à l'oratoire sacré, chasser de son enceinte ceux qui l'habitent
est un péché encore plus grave. La tentation de l'idolâtrie est pire que
le carnage. Les infidèles ne cesseront point de vous faire la guerre tant
qu'ils ne vous auront pas fait renoncer à votre religion, s'ils le peuvent.
Mais ceux d'entre vous qui renonceront à leur religion et mourront en
état d'infidélité, ceux-là sont les hommes dont les œuvres ne profiteront
ni dans cette vie ni dans l'autre. Ils sont voués au feu où ils resteront
éternellement.
215. Ceux qui abandonnent leur pays et combattent dans le sentier
de Dieu peuvent espérer sa miséricorde, car il est indulgent et miséricordieux.
216. Ils t'interrogeront sur le vin et le jeu. Dis-leur : L'un et l'autre
sont un mal. Les hommes y cherchent des avantages, mais le mal est plus
grave que l'avantage n'est grand. Ils t'interrogeront aussi sur ce qu'ils
doivent dépenser en largesses.
217. Réponds-leur : Donnez votre superflu. C'est ainsi que Dieu nous explique
ses signes* , afin que vous méditiez.
*Ou versets du Coran.
218. Sur ce monde et sur l'autre. Ils t'interrogeront sur les orphelins.
Dis-leur : Leur faire du bien est une bonne action.
219. Si vous vivez avec eux, regardez-les comme vos frères. Dieu sait
distinguer le méchant d'avec le juste. Il peut vous affliger s'il le veut,
car il est tout-puissant et sage.
220. N'épousez point les femmes idolâtres
tant qu'elles n'auront pas cru. Une esclave croyante vaut mieux qu'une
femme libre idolâtre, quand même celle-ci vous plairait davantage. Ne
donnez point vos filles aux idolâtres tant qu'ils n'auront pas cru. Un
esclave croyant vaut mieux qu'un incrédule libre, quand même il vous plairait
davantage.
221. Les infidèles vous appellent au feu et Dieu vous invite au paradis
et au pardon ; par sa volonté seule il explique ses enseignements aux
hommes, afin qu'il les méditent.
222. Ils t'interrogeront sur les règles des femmes. Dis-leur : C'est un
inconvénient. Séparez-vous de vos épouses pendant ce temps, et n'en approchez
que lorsqu'elles seront purifiées. Lorsqu'elles se seront purifiées, venez
à elles comme vous l'ordonne Dieu. Il aime ceux qui se repentent,
il aime ceux qui observent la pureté.
223. Les femmes sont votre champ. Cultivez-le de la manière que vous l'entendrez,
ayant fait auparavant quelque acte de piété. Craignez Dieu, et sachez
qu'un jour vous serez en sa présence. Annoncez aux croyants d'heureuses
nouvelles.
224. Ne prenez point Dieu pour point de mire quand vous jurez d'être justes,
vertueux et de le craindre ; il sait et entend tout.
225. Dieu ne vous punira point une parole inconsidérée dans vos serments,
il vous punira pour les œuvres de vos cœurs. Il est clément et miséricordieux.
226. Ceux qui font vœu de s'abstenir de leurs femmes auront un délai de
quatre mois. Si pendant ce temps-là ils reviennent à elles. Dieu est indulgent
et miséricordieux.
227. Si le divorce est fermement résolu ; Dieu sait et entend tout.
228. Les femmes répudiées laisseront écouler le temps de trois menstrues
avant de se remarier. Elles ne doivent point cacher ce que Dieu a créé
dans leur sein, si elles croient en Dieu et au jour dernier. Il est plus
équitable que les maris les reprennent quand elles sont dans cet état,
s'ils désirent la paix. Les femmes à l'égard de leurs maris, et ceux-ci
à l'égard de leurs femmes, doivent se conduire honnêtement. Les maris
sont supérieurs à leurs femmes. Dieu est puissant et sage.
229. La répudiation peut se faire deux fois*.
*Sans entraîner d'autre conséquence que de reprendre simplement sa femme.
Gardez-vous votre femme ? Traitez-la honnêtement ; la renvoyez-vous ?
renvoyez-la avec générosité. Il ne vous est pas permis de garder ce que
vous leur avez donné, à moins que vous ne craigniez de ne point observer
les limites de Dieu (en vivant avec elles). Si vous craignez de ne point
les observer, il ne résultera aucun péché pour aucun de vous, de tout
ce que la femme fera pour se racheter. Telles sont les limites posées
par Dieu*. Ne les franchissez pas ; car qui franchit les bornes de
Dieu est injuste.
*Voir la note 1 du verset 183.
230. Si un mari répudie sa femme trois fois,
il ne lui est permis de la reprendre que lorsqu'elle aura épousé un autre
mari, et que celui-ci l'aura répudiée à son tour. Il ne résultera aucun
péché pour aucun des deux, s'ils se réconcilient croyant pouvoir observer
les préceptes de Dieu. Tels sont les préceptes que Dieu déclare aux hommes
qui l'entendent.
231. Lorsque vous répudiez une femme et que le moment de la renvoyer est
venu, gardez-la en la traitant honnêtement, ou renvoyez-la avec générosité.
Ne la retenez point par force pour exercer quelque injustice envers elle
; celui qui agirait ainsi, agirait contre lui-même. Ne vous jouez pas
des enseignements de Dieu, et souvenez-vous des bienfaits de Dieu, du
livre et de la sagesse qu'il a fait descendre sur vous et par lesquels
il vous donne des admonitions. Craignez-le et sachez qu'il connaît tout.
232. Lorsque vous répudiez vos femmes et qu'elles auront attendu le temps
marqué, ne les empêchez pas de renouer les liens de mariage avec leurs
maris, si les deux époux conviennent de ce qu'ils croient juste.
Cet avis regarde ceux d'entre vous qui croient en Dieu et au jour dernier.
Ce procédé est plus méritoire. Dieu sait et vous ne savez pas.
233. Les mères répudiées allaiteront leurs enfants deux ans complets si
le père veut que le temps soit complet. Le père de l'enfant est tenu de
pourvoir à la nourriture et aux vêtements de la femme d'une manière honnête.
Personne ne doit être chargé au-delà de ses facultés ; que la mère ne
soit pas lésée dans ses intérêts à cause de son enfant, ni le père non
plus. L'héritier du père est tenu aux mêmes devoirs. Si les époux préfèrent
serrer l'enfant avant le terme de consentement volontaire et après s'être
consultés mutuellement, cela n'implique aucun péché. Si vous préférez
mettre vos enfants en nourrice, il n'y aura aucun mal à cela, pourvu que
vous payiez ce que vous avez promis. Craignez Dieu et sachez qu'il voit
tout.
234. Si ceux qui meurent laissent des femmes, elles doivent attendre quatre
mois et dix jours. Ce terme expiré, vous ne serez point responsables de
la manière dont elles disposeront honnêtement d'elles-mêmes. Dieu
est instruit de ce que vous faites.
235. Il n'y aura aucune mal à ce que vous fassiez ouvertement des propositions
de mariage à ces femmes* , ou que vous en gardiez le secret dans vos cœurs.
Dieu sait bien que vous y penseriez ; mais ne leur faites point de promesses
en secret, et ne leur tenez qu'un langage honnête.
*Pendant ces quatre mois et dix jours.
236. Ne décidez des liens du mariage que quand le temps prescrit
sera accompli, et sachez que Dieu connaît ce qui est dans vos cœurs ;
sachez qu'il est indulgent et miséricordieux.
237. Il n'y a aucun péché à répudier une femme avec laquelle vous n'aurez
point cohabité ou à qui vous n'aurez pas assigné de dot. Donnez-leur le
nécessaire - l'homme aisé selon ses moyens, l'homme pauvre selon les siens
- d'une manière honnête et ainsi qu'il convient à ceux qui pratiquent
le bien.
238. Si vous répudiez une femme avant la cohabitation, mais après l'assignation
de dot, elle en gardera la moitié, à moins que la femme ne se désiste
(de sa moitié), ou bien que celui qui de sa main a lié le nœud du mariage
ne se désiste de tout. Se désister est plus proche de la piété. N'oubliez
pas la générosité dans vos rapports. Dieu voit ce que vous faites.
239. Accomplissez exactement la prière, surtout celle du milieu. Levez-vous
pénétrés de dévotion.
240. Si vous craignez quelque danger, vous
pouvez prier debout ou à cheval. Quand vous êtes en toute sécurité, pensez
de nouveau à Dieu, car il vous a appris ce que vous ne saviez pas.
241. Ceux d'entre vous qui mourront laissant après eux leurs femmes leur
assigneront un legs destiné à leur entretien pendant un année, et sans
qu'elles soient obligées de quitter la maison. Si elles la quittent d'elles-mêmes,
il ne saurait résulter aucun péché pour vous de la manière dont elles
disposeront honnêtement d'elles-mêmes. Dieu est puissant et sage.
242. Un entretien honnête est dû aux femmes répudiées ; c'est un devoir
à la charge de ceux qui craignent Dieu.
243. C'est ainsi que Dieu vous explique ses signes, afin que vous réfléchissiez.
244. N'as-tu pas remarqué ceux qui, au nombre de plusieurs mille, sortirent
de leur pays par crainte de la mort ? Dieu leur a dit : Mourez. Puis il
les a rendus à la vie, car Dieu et plein de bonté pour les hommes ; mais
la plupart ne le remercient point de ses bienfaits.
245. Combattez dans le sentier de Dieu, et sachez que Dieu entend et sait
tout.
246. Qui veut faire un prêt magnifique à Dieu ? Dieu le multipliera
à l'infini, car Dieu borne ou étend ses faveurs à son gré, et vous retournerez
tous à lui.
247. Rappelle-toi l'assemblée des enfants d'Israël après la mort de Moïse,
lorsqu'ils dirent à un de leurs prophètes : Créez-nous un roi et nous
combattrons dans le sentier de Dieu. Et lorsqu'on vous le recommandera,
leur répondit-il, ne vous y refuserez-vous pas ? Et pourquoi ne combattrions-nous
pas dans le sentier de Dieu, dirent-ils, nous qui avons été chassés
de notre pays et séparés de nos enfants ? Cependant, lorsqu'on leur ordonna
de marcher, ils changèrent d'avis, un petit nombre excepté. Mais Dieu
connaît les méchants.
248. Le prophète leur dit : Dieu a choisi Talout (Saul) pour être votre
roi. Comment, reprirent les Israélites, aurait-il le pouvoir sur nous
? Nous en sommes plus dignes que lui ; il n'a pas même l'avantage des
richesses. Le prophète reprit : Dieu l'a choisi pour vous commander ;
il lui a accordé une science étendue et la force. Dieu donne le pouvoir
à qui il veut. Il est immense et savant.
249. Le prophète leur dit : En signe de son pouvoir viendra l'arche d'alliance.
Dans elle vous aurez la sécurité de votre Seigneur ; elle renfermera quelques
gages de la famille de Moïse et d'Aaron*; les anges la porteront. Cela
vous servira de signe céleste si vous êtes croyants.
*L'arche devait contenir les souliers et la baguette de Moïse, un vase
plein de manne et les débris des deux tables de la Loi.
250. Lorsque Talout partit avec ses soldats,
il leur dit : Dieu va vous mettre à l'épreuve au bord de cette rivière.
Celui qui s'y désaltérera ne sera point des miens ; celui qui s'en abstiendra
( sauf à en puiser dans le creux de la main) comptera parmi les miens.
Excepté un petit nombre, tous les autres burent à leur gré. Lorsque le
roi et les croyants qui le suivaient eurent traversé la rivière,
les autres s'écrièrent : Nous n'avons point de force aujourd'hui contre
Djalout (Goliath) et ses soldats ; mais ceux qui crurent qu'au jour dernier
ils verraient la face de Dieu dirent alors : Oh ! combien de fois, par
la permission de Dieu, une armée nombreuse fut vaincue par une petite
troupe ! Dieu est avec les persévérants.
251. Sur le point de combattre Djalout et son armée, ils s'écrièrent :
Seigneur ! accorde-nous la constance, affermis nos pas, et donne-nous
la victoire sur ce peuple infidèle.
252. Et ils le mirent en fuite par la permission de Dieu, David tua Djalout,
Dieu lui donna le livre* et la sagesse ; il lui apprit ce qu'il voulut.
Si Dieu ne contenait les nations les unes par les autres, certes la terre
serait perdue. Mais Dieu est bienfaisant envers l'univers.
*C'est le livre des Psaumes, que les mahométans comptent parmi les livres
saints.
253. Tels sont les enseignements de Dieu. Nous te les révélons parce que
tu es du nombre des envoyés célestes.
254. Nous élevâmes les prophètes les uns au-dessus des autres. Les plus
élevés sont ceux à qui Dieu a parlé. Nous avons envoyé Jésus, fils de
Marie, accompagné de signes évidents, et nous l'avons fortifié par l'esprit
de sa sainteté*. Si Dieu avait voulu, ceux qui sont venus après eux et
après la manifestation des miracles ne se seraient point entre-tués.
Mais ils se mirent à disputer : les uns crurent, d'autres furent
incrédules. Si Dieu l'avait voulu, ils ne se seraient point entre-tués
; mais Dieu fait ce qu'il veut.
*Par l'esprit de la Sainteté, Muhammad entend l'ange Gabriel.
255. 0 croyants ! donnez l'aumône des biens que nous vous avons départis,
avant que le jour vienne où il n'y aura plus ni vente ni achat, où il
n'y aura plus ni amitié ni intercession. Les infidèles sont les méchants.
256. Dieu est le seul Dieu ; il n'y a point d'autre Dieu que lui, le Vivant,
l'Eternel. Ni l'assouplissement ni le sommeil n'ont point de prise sur
lui. Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre lui appartient. Qui
peut intercéder auprès de lui sans sa permission ? Il connaît ce qui est
devant eux et ce qui est derrière eux, et les hommes n'embrassent de sa
science que ce qu'il a voulu leur apprendre. Son trône s'étend sur les
cieux et sur la terre, et leur garde ne lui coûte aucune peine. Il est
le Très-Haut, le Grand.
257. Point de violence en matière de religion. La vérité se distingue
assez de l'erreur. Celui qui ne croira pas au thagout* et croira en Dieu
aura saisi une anse solide à l'abri de toute brisure. Dieu entend et connaît
tout.
*Par ce mot il entend les idoles.
258. Dieu est le patron de ceux qui croient ; il les fera passer des ténèbres
à la lumière.
259. Quant aux infidèles, Thagout est leur protecteur. Il les conduira
de la lumière dans les ténèbres ; ils seront voués aux flammes où ils
demeureront éternellement.
260. N'as-tu rien entendu de celui* qui disputa
avec Abraham au sujet du Dieu qui lui donna la royauté ? Abraham avait
dit : Mon Seigneur est celui qui fait mourir et qui ressuscite. C'est
moi, répondit l'autre, qui fais mourir et je rends à la vie. Dieu, reprit
Abraham, amène le soleil de l'Orient, fait-le venir de l'Occident. L'infidèle
resta confondu. Dieu ne dirige point les pervers.
*Sans doute Nemrod.
261. Ou bien n'as-tu pas entendu parler de ce voyageur qui, passant un
jour auprès d'une ville renversée jusque dans ses fondements, s'écria
: Comment Dieu fera-t-il revivre cette ville morte ? Dieu le fit mourir,
et il resta ainsi pendant cent ans, puis il le ressuscita et lui demanda
: Combien de temps as-tu demeuré ici ? Un jour, ou quelques heures seulement,
répondit le voyageur. Non, reprit Dieu, tu es resté ici durant cent ans.
Regarde ta nourriture et ta boisson : elles ne sont pas encore gâtées
; et puis regarde ton âme (il n'en reste que des ossements). Nous
avons voulu faire de toi un signe d'instruction pour les hommes. Vois
comment nous redressons les ossements et les couvrons ensuite de chair.
A la vue de ce prodige, le voyageur s'écria : Je reconnais que Dieu est
tout-puissant.
262. Lorsque Abraham dit à Dieu : Seigneur, fais-moi voir comment
tu ressuscites les morts. Dieu lui dit : Ne crois-tu point encore ? Je
crois, reprit Abraham ; mais que mon cœur soit parfaitement rassuré.
Dieu lui dit alors : Prends quatre oiseaux et coupe-les en morceaux ;
disperse leurs membres sur la cime des montagnes, appelle-les ensuite
; ils viendront à toi ; et sache que Dieu est puissant et sage.
263. Ceux qui dépensent leurs richesses dans le sentier de Dieu ressemblent
à un grain qui produit sept épis et dont chacun donne cent grains. Dieu
augmente les biens de celui qu'il veut. Il est immense et savant.
264. Ceux qui dépensent leurs richesses dans le sentier de Dieu et qui
ne font point suivre leurs largesses de reproches ni de mauvais procédés
auront une récompense auprès de leur Seigneur ; la crainte ne descendra
point sur eux, et ils ne seront point affligés.
265. Une parole honnête, l'oubli des offenses, valent mieux qu'une aumône
qu'aura suivie un mauvais procédé. Dieu est riche et clément.
266. 0 croyants : ne rendez point vaines vos aumônes par les reproches
ou les mauvais procédés, comme agit celui qui fait des largesses par ostentation,
qui ne croit point en Dieu et au jour dernier. Il ressemble à une colline
rocailleuse couverte de poussière ; qu'une averse fonde sur cette colline,
elle n'y laissera qu'un rocher. De pareils hommes n'auront aucun
produit de leurs œuvres, car Dieu ne dirige point les infidèles.
267. Ceux qui dépensent leur avoir dans le désir de plaire à Dieu, et
pour l'affermissement de leurs âmes, ressemblent à un jardin planté sur
un coteau arrosé par une pluie abondante, et dont les fruits ont été portés
au double. Si une pluie n'y tombe pas, ce sera la rosée. Dieu voit ce
que vous faites.
268. Quelqu'un de vous voudrait-il avoir un jardin planté de palmiers
et de vignes, arrosé par des courants d'eau, riche en toute espèce de
fruits, et qu'au milieu de ces jouissances la vieillesse le surprenne,
et qu'il ait des enfants en bas âge, et qu'un tourbillon gros de flammes
consume ce jardin ? C'est ainsi que Dieu vous explique ses enseignements
: peut-être vous les méditerez.
269. 0 croyants ! faites l'aumône des meilleures choses que vous avez
acquises, des fruits que nous avons fait sortir pour vous de la terre.
Ne distribuez pas en largesses la partie la plus vile de vos biens ;
270. Telle que vous ne la recevriez pas vous-mêmes,
à moins d'une connivence avec celui qui vous l'offrirait. Sachez que Dieu
est riche et comblé de gloire.
271. Satan vous menace de la pauvreté et vous commande les actions infâmes
; Dieu vous promet son pardon et ses bienfaits, et certes Dieu est immense
et savant.
272. Il donne la sagesse à qui il veut : et quiconque a obtenu la sagesse
a obtenu un bien immense ; mais il n'y a que les hommes doués de sens
qui y songent.
273. L'aumône que vous ferez, le vœu que vous formerez. Dieu les connaîtra.
Les méchants n'auront aucune assistance. Faites-vous l'aumône au grand
jour ? C'est louable ; la faites-vous secrètement et secourez-vous les
pauvres ? Cela sera plus méritoire. Une telle conduite fera effacer
vos péchés. Dieu est instruit de ce que vous faites.
274. Tu n'es point en charge de diriger les infidèles. C'est Dieu qui
dirige ceux qu'il veut. Tout ce que vous aurez distribué en largesses
tournera à votre avantage ; tout ce que vous aurez distribué dans
le désir de contempler la face de Dieu vous sera payé, et vous ne serez
point traités injustement. Il est parmi vous des pauvres qui, occupés
uniquement à combattre dans le sentier de Dieu, ne peuvent s'établir dans
le pays ; l'ignorant les croit riches, car ils sont modestes ; tu les
reconnaîtras à leurs marques ; ils n'importunent point les hommes par
leurs demandes. Tout ce que vous aurez donné à ces hommes. Dieu le
saura.
275. Ceux qui feront l'aumône le jour et la nuit, en secret et en public,
en recevront la récompense de Dieu. La crainte ne descendra point sur
eux, et ils ne seront point affligés.
276. Ceux qui avalent le produit de l'usure se lèveront au jour de la
résurrection comme celui que Satan a souillé de son contact. Et cela
parce qu'ils disent : l'usure est la même chose que la vente. Dieu a permis
la vente, il a interdit l'usure. Celui à qui parviendra cet avertissement
du Seigneur et qui mettra un terme à cette iniquité obtiendra le pardon
du passé ; son affaire ne regardera plus que Dieu. Ceux qui retourneront
à l'usure seront livres au feu où ils demeureront éternellement.
277. Dieu exterminera l'usure et fera germer l'aumône. Dieu hait tout
homme infidèle et pervers. Ceux qui croient et pratiquent les bonnes
œuvres, qui observent la prière et donnent l'aumône recevront une recompense
de leur Seigneur ; la crainte ne descendra point sur eux, et ils ne seront
point affligés.
278. 0 croyants ! craignez Dieu et abandonnez ce qui vous reste encore
de l'usure, si vous êtes fidèles.
279. Si vous ne le faites pas, attendez-vous à la guerre de la part de
Dieu et de son envoyé. Si vous vous repentez, votre capital vous reste
encore. Ne lésez personne et vous ne serez point lésés.
280. Si votre débiteur éprouve de la gêne,
attendez qu'il soit plus aisé. Si vous lui remettez sa dette, ce sera
plus méritoire pour vous, si vous le savez.
281. Craignez le jour où vous retournerez à Dieu, où toute âme sera rétribuée
selon ses œuvres ; nul n'y sera lésé.
282.0 vous qui croyez, lorsque vous contractez une dette solvable à une
époque fixée, mettez-le par écrit. Qu'un écrivain la mette fidèlement
par écrit. Que l'écrivain ne refuse point d'écrire selon la science que
Dieu lui a enseignée ; qu'il écrive et que le débiteur dicte ; qu'il craigne
son Seigneur et n'en ôte la moindre chose. Si le débiteur est ignorant
ou faible, ou s'il n'et pas en état de dicter lui-même, que son patron
dicte fidèlement pour lui. Appelez deux témoins choisis parmi vous ; si
vous ne trouvez pas deux hommes, appelez-en un seul et deux femmes parmi
les personnes habiles à témoigner ; afin que, si l'une oublie, l'autre
puisse rappeler le fait. Les témoins ne doivent pas reruser de faire leurs
dépositions toutes les fois qu'ils en seront requis. Ne dédaignez point
de mettre par écrit une dette, qu'elle soit petite ou grande, en
indiquant le terme du paiement. Ce procédé est plus juste devant Dieu,
mieux accommodé au témoignage, et plus propre à ôter toute espèce de doute,
à moins que la marchandise ne soit devant les yeux ; alors il ne saurait
y avoir de péché si vous ne mettez pas la transaction par écrit. Appelez
des témoins dans vos transactions, et ne faites de violence ni à l'écrivain
ni au témoin ; si vous le faites, vous commettez un crime. Craignez Dieu
: c'est lui qui vous instruit, et il est instruit de toutes choses.
283. Si vous êtes en voyage et que vous ne trouviez pas d'écrivain, il
y a lieu à un nantissement. Mais si l'un confie à l'autre un objet, que
celui à qui le gage est confié le restitue intact, qu'il craigne Dieu
son Seigneur. Ne refusez point de rendre témoignage ; quiconque le refuse
a le cœur corrompu. Mais Dieu connaît vos actions.
284. Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre appartient à Dieu
; que vous produisiez vos actions au grand jour ou que vous les cachiez,
il vous en demandera compte ; il pardonnera à qui il voudra, et punira
celui qu'il voudra. Dieu est tout-puissant.
285. Le prophète croit dans ce que le Seigneur lui a envoyé. Les fidèles
croient en Dieu, à ses anges, à ses livres et à ses envoyés. Ils disent
: Nous ne mettons point de différence entre les envoyés célestes. Nous
avons entendu et nous obéissons. Pardonne-nous nos péchés, ô Seigneur
! nous reviendrons tous à toi.
286. Dieu n'imposera à aucune âme un fardeau au-dessus de ses forces.
Ce qu'elle aura fait sera allégué pour elle ou contre elle. Seigneur,
ne nous punis par des fautes commises par oubli ou par erreur. Seigneur,
ne nous impose pas le fardeau que tu as imposé à ceux qui ont vécu avant
nous. Seigneur, ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons supporter.
Efface nos péchés, pardonne-nous-les, aie pitié de nous, tu es notre Seigneur.
Donne-nous la victoire sur les infidèles.
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