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ISLAM
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Le CoranToutes les critiques constructives et les questions sont les bienvenues, cliquez ici !
Introduction : ce qu'il faut savoir sur le CoranQu'est ce que le Coran ?Le Coran est la première source religieuse musulmane. Pour les musulmans, il est la parole même de Dieu (Allah) transmise à Mahomet (Muhammad) par l'intermédiaire de l'Ange Gabriel (Jibril). Cette révélation a commencé alors que Mahomet avait 40 ans et a durée plus de 20 ans. Le Coran se présente sous la forme d'un livre rédigé en arabe et divisé en plusieurs chapitres appelés sourates, elles-mêmes constituées de versets, tout comme la Bible. On compte 114 sourates classées par taille décroissante à l'exception de la première sourate. La somme des versets représente plus de 6200 versets. La particularité du Coran est d'aborder aussi bien des thèmes de la vie religieuse, de la morale, de la loi ou des relations sociales. Le Coran régit donc la vie spirituelle et sociale des musulmans. Il est important de souligner que le Coran peut aussi être vu comme un texte poétique puisqu'il est rédigé en vers ce que ne peut rendre une traduction. Mais ce n'est pas Mahomet qui a écrit le Coran, il le récitait à ses compagnons qui l'apprenanaient par coeur. Les versets ont été écrit durant la révélation du Coran mais ils ont été compilés après la mort de Mahomet.
Exemple de sourateLe première sourate, appelée Fâtiha est en fait une prière. Elle est répétée plusieurs fois lors de la salat (prière rituelle). Sourate 1 : Ouverture
Traduction de Jacques Berque dans "Le Coran Essais de traduction par Jasques Berque", Albin Michel, 1995.
Les sourates particulièresLa première sourateToutes les sourates sont classée par ordre de taille de la plus grande à la plus petite sauf pour la première qui ne fait que 7 versets. Appelée la Fatiha c'est à dire "ouverture" ou "ouvrante" elle est utilisée pour faire la prière. La deuxième sourateC'est la sourate la plus longue et peut-pêtre une des plus importante. La neuvième sourateC'est la seule des 114 sourates du Coran à ne pas commencer par Bismillah Arrahman Arrahim : "Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux". La quatre-vingt seizième sourateElle est chronologiquement la première sourate révélé à Mahomet. Elle commence par le mot "récite". La cent quatorzième sourateComme nous l'avons dit c'est la plus petite sourate.
Le Coran 1ère partie : L'aspect physique du CoranConnaissances techniques de baseLes différentes décompositions du texte coraniqueLe Coran est décomposé en 114 sourates, elles-même décomposées en versets, mais au fil du temps d'autres décompositions ont été inventées, en voici une liste :
Comment distinguer les versets ?D'après la BNF : "Dans les premiers corans de style hijâzî, de simples tirets marquent la séparation des versets. Puis apparaissent les rondelles ou rosettes d'or qui s'harmonisent avec les points voyelles colorés des écritures coufiques. Des pages-tapis, c'est-à-dire sans texte, précèdent chaque juz' et l'enlumineur orne aussi les titres des sourates qui, n'appartenant pas au texte sacré, en sont ainsi distingués. Dans les marges, les titres sont prolongés par des motifs à base de palmettes d'origine byzantine. L'or, le rouge et le vert en constituent la palette de base." Les numérotations et les titresDans les premiers manuscrits du Coran, il n'y avait pas de numérotation des sourates ou des versets comme par exemple dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale de France. D'autre part, en fonction de la "lecture" utilisée, la numérotation peu légèrement varier (voir chapitre II, Les différentes lectures). De la même manière les titres des sourates sont apparus plus tardivement, c'est pourquoi il existe parfois plusieurs titres pour une même sourate.
Les supportsLa tradition relate que les premiers supports physiques de la parole coranique ont été des ommoplates de chameaux, des pétioles de palmiers ou encore des morceaux de cuir. Ils ne devaient contenir que quelques mots ou quelques phrases. Aujourd'hui aucun de ses fragments originaux du texte ne nous sont parvenus. A cette époque, on connaissait deux matériaux principaux pour transcrire des textes : le parchemin et le papyrus. Ces matériaux permettaient de créer deux supports différents : les codex et les volumen. Le papyrusD'après la Bibliothèque Nationale de France, à la mort de Mahomet, au milieu du VIIe siècle, le papyrus existait depuis plus de 3000 ans et il était utilisé, à cette époque, pour écrire des textes en grec ou en copte. Il fut fabriqué au moins jusqu'au Xe siècle. On pouvait trouver du papyrus en Sicile, en Syrie du Nord et en Mésopotamie. On conserve donc de nombreux papyrus écrits en arabe : des factures, contrats, actes notariaux ou des lettres privées, pour la période des quatre premiers siècles de l'Hégire. Au début du IIe siècle, les chrétiens choisissent le codex (nous y reviendrons), c'est à dire le cahier à pages, l'ancêtre du livre tel que nous le connaissons aujourd'hui. Le papyrus est le premier matériau du codex grâce à ses qualités : flexibilité, légèreté et solidité. BNF : "Ce n’est qu’au milieu du IIe siècle de l’hégire que les savants commencèrent à transcrire dans des livres, au lieu de feuillets dispersés, le savoir concernant le Prophète, le droit, l’exégèse coranique, l’histoire… Les textes littéraires sur papyrus sont relativement rares, mais cependant assez nombreux pour montrer que leur transcription sur ce support devait être relativement courante." (source : http://expositions.bnf.fr/livrarab/arret_sur/matieres/papyrus.htm) Le plus ancien codex en arabe sur papyrus connu et daté remonte à 844. Le plus ancien codex sur papyrus serait le Papyrus Bodmer datant à peu près de 200 après JC.
Les manuscrits du CoranLes plus anciens manuscrits du CoranC'est plutôt incroyable, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'il règne un flou total sur les plus anciens manuscrits du Coran. Jusqu'à la fin de l'année 2005 voilà les informations que l'on pouvait trouver :
Pour le moment nous n'avons aucune information sur les méthodes de datation de ces manuscrits...
BNF "Copiées sur parchemin dans un format vertical, ces pages
de Coran appartiennent à un ensemble d'une soixantaine de feuillets
considéré comme le plus ancien exemplaire actuellement conservé.
En l'absence de manuscrits datés avant le IXe siècle, c'est
sur la base de critères paléographiques et orthographiques
que l'on fait remonter ces fragments à la seconde moitié
du Ier siècle de l'hégire (VIIe siècle). Ils sont
écrits dans un style nommé au siècle dernier hijâzî
en référence à Ibn al-Nadîm, célèbre
auteur arabe du Xe siècle, qui décrivait dans son Fihrist
(Catalogue) les premières écritures employées à
La Mecque et Médine, villes du Hedjaz. BNF : "Les fragments coraniques les plus anciens conservés remontent à la deuxième moitié du VIIe siècle. Ils témoignent d'un état du texte aux nombreuses ambiguïtés. Les lettres de même forme ne sont pas encore différenciées par des points diacritiques et les voyelles brèves ne sont que très imparfaitement notées. Les manuscrits des siècles suivants montrent que le passage à une écriture plus complète ne s'est fait que très progressivement. Mais la disposition des sourates et la séparation des versets reste la même. "
Le Coran 2ème partie : La fixation du texte coraniqueLa langueD'après la BNF(1), la langue arabe serait d'origine nabatéenne
ou syriaque. Elle serait apparut vers le IIIe siècle mais se serait
vraiment développée grâce à la révélation
du Coran. C'est en 1865 que Theodor Nöldeke présente une thèse
soutenant que l'arabe est d'origine nabatéenne. Mais la BNF souligne
que "les plus anciennes inscriptions arabes sont datées d’une
période où l’écriture syriaque, grâce
à la diffusion du christianisme, connaît un grand développement
alors même que l’écriture nabatéenne tombe en
désuétude." Une autre thèse sur la langue du CoranSelon la thèse de Christoph Luxenberg(2), assez sérieuse pour être présentée par Rémi Brague, la langue arabe originelle serait syro-araméenne (ou syriaque), voire arabo-araméenne. Il en découle que certains passages du Coran seraient jusqu'alors mal interprétés. Christoph Luxenberg propose même des exemples de versets qu'il traduirait autrement. Les difficultés causées par l'arabe, une langue naissanteL'arabe du Coran est une langue très jeune. Elle n'est pas tout à fait la même langue que la langue arabe contemporaine. Par exemple la langue arabe à l'origine ne distinguait pas les voyelles. Quelques explications s'imposent... L'alphabet arabe, qui est une langue sémitique, est composé
de 29 consonnes dont trois peuvent aussi servir de voyelles longues. Il
ne compte aucune voyelle "courte". Les voyelles sont notées
avec des sortes d'accents. Petit à petit, ces accents sont apparut.
Pourquoi ces accents ont été inventés ? Certainement
pour prévenir toute confusion entre deux mots dont les consonnes
seraient identiques.
Les différentes lecturesPour éviter tout risque de confusion, on inventa les signes diacritiques. Al-Hajjâj (694-714) gouverneur d'Irak, serait l'auteur de cette initiative. Mais cette absence avait déjà engendré plusieurs lectures possibles du Coran. Ce serait grâce à ibn Mujâhid (Xe siècle), que l'on figea 7 lectures (قراءات) différentes (Source BNF(1)), mais il aurait existé encore plus de lectures. Les 7 lectures du CoranIl y avait en fait 7 personnes qui s'étaient spécialisé dans un style de lecture du Coran (Cette liste à été trouvé sur un forum, nous en ignorons l'origine) :
Aujourd'hui, il n'existerait que 2 principales lectures différentes, le warsh pour le Maghreb et le hafs pour le Machreq (d'après la BNF, Source 1). Quelles différences entres ces lectures ?Les différences entre les lectures pourraient être de différentes natures :
Une note de François DérocheFrançois Déroche dans son livre Le livre manuscrit arabe (Bibliothèque Nationale de France, 2004) écrit cette note à propos des différentes lectures : "Voir Welch, s. v. "Al Kur'ân", EI V, p.412-413. Sur ce sujet éminemment technique, Spitaler (1935) a réuni les données qui permettent de comparer les différents systèmes. Les plus anciens témoins de la transcription manuscrite du texte coranique, les manuscrits en styles hidjâzî, pourraient toutefois présenter des divergences sensibles avec les systèmes classiques : c'est en tout cas ce que semble montrer l'analyse du manuscrit Paris, BNF arabe 328 a par Dutton (2001, p.74-84)".
Le Coran 3ème partie : Le message du texte coraniqueL'ange Gabriel interpelle MahometMahomet a alors environ 40 ans, il est marié avec Khadija, et ils vivent du commerce. C'est lors d'une retraite dans la grotte de Hirâ, à quelques kilomètres de La Mecque, que Mahomet entend pour la première fois l'ange Gabriel (Djibril) envoyé par Dieu. C'est la sourate 96 qui est considérée comme la toute première sourate révélée au Prophète. Elle commence par une injonction de l'ange Gabriel à Mahomet : "iqrâ' " que la tradition musulmane traduit par : "Lis !" Sourate 96, traduction de Kasimirski :
Certains ont proposé d'autres traductions comme "Prêche" ou "Récite". La traduction "Lis !", elle, pose la question de la connaissance de la "lecture" par le prophète : savait-il lire ? En effet pour les savants musulmans, Mahomet ne savait pas lire. C'est ce que note Jean-Luc Monneret : "La Tradition rapporte qu'à cette première injonction de l'Ange Gabriel le Prophète aurait répondu : "Mais je ne sais pas lire". Gabriel aurait alors serré très fort Muhammad contre son coeur à trois reprises avant de lui révéler le Message divin. Le prophète devait pourtant être lettré pense le monde islamique malgré 7.157,158 qui mentionne le prophète illettré (ummi)" dans Les grands Thèmes du Coran, note 2 page 73, source 5. Il faut noter que l'ange Gabriel n'a pas demandé explicitement à Mahomet de lire telle ou telle ligne d'écriture, le sujet de l'injonction est donc "implicite" comme le souligne Jacques Berque dans sa traduction du Coran. D'ailleurs, le Coran n'était alors pas écrit, au moment même où il prononçait ces paroles il prenait à peine vie.
La nature du Coran : créé ou incrééLes falâsifaSur le site Maison-islam.com on trouve une référence aux falâsifa concernant les penseurs qui émettent la possibilité que le Coran soit un texte créé. Les falâsifa (de falsafa) sont des philosophes musulmans qui ont eut accès au Moyen-Age aux traductions des oeuvres des philisophes grecs en arabe comme on pouvait en trouver dans la bibliothèque du Calife Al Ma'mûn. Les preuves de l'origine divine du CoranOn peut répartir ce chapitre en deux parties : les sujets sur le concordisme et les autres sujets... La sourate 30 : Les Romains (Ar-Rum)Traduction de Jean Grosjean :
On voit souvent cette sourate citée comme preuve de l'origine divine du Coran. C'est par exemple la thèse soutenue par le site Islamophile.com proche du Centre d’Études et de Recherches Sur l’Islam (CERSI) : "La période de révélation de cette sourate est très exactement déterminée par l’événement historique mentionné en son début. Il est dit : "Les Romains ont été vaincus, dans une contrée proche". A cette époque , les Byzantins occupaient les territoires voisins de l’Arabie, Jordanie, Syrie, Palestine et ils y furent vaincus par les Persans en 615 E.C. On peut donc dire avec une certitude absolue que cette sourate fut révélée la même année et cette année-là fut également celle où eut lieu la migration vers l’Abyssinie." En tentant de démontrer que ces versets datent de 615, ils veulent montrer que l'annonce de la victoire ultérieure des Romains (qui eut lieu vers 624) est une prédiction ("ils seront vainqueurs dans quelques années"). Regardons cela de plus près. Qu'est ce qui permet ici de conclure que la sourate (il faudrait plutôt parler des 4 premiers versets) date de 615 ? Rien ! S'il était dit : "cette année...", mais il n'y a pas d'élément permettant de donner l'intervalle de temps entre le moment historique de la défaite et le moment de la révélation. Il a très bien pu s'écouler plusieurs jours comme plusieurs années. Précisons que Mahomet était encore en vie au moment de la victoire d'Heraclius (vers 624), la révélation n'était donc pas encore figée. Un autre élément peut nous éclairer, il s'agit de la traduction proposée par Régis Blachère ainsi que la note qui l'accompagne (Le Coran, R. Blachère, Maison-neuve et Larose, 2005). Blachère propose même deux traductions : Variante A
Variante B
Note de Régis Blachère : "A l'exception de quelques
versets, cette sourate est mekkoise, aux yeux des exégètes.
Nöldeke et Schwally la range sans hésitation parmi les révélations
de la troisème période mekkoise. Bell penche dans le même
sens mais y relève de nombreux textes médinois. Chez Blachère, le doute plane, et en effet rien ne permet d'annoncer de manière catégorique que ces quelques versets contiennent une prédiction, car rien ne permet de les dater avec exactitude.
L'interprétation du texte coraniqueSouvent les personnes qui souhaitent "combattre l'Islam" emploi un argument pour montrer que l'islam à la base est extrémiste : ils font la grossière erreur de dire que le Coran ne doit pas être interprété. Cela n'a pas de sens puisque tout texte doit être interprété pour être compris, par définition, et c'est surtout mal connaître l'Islam. Commençons avec la définition du dictionnaire. Interpréter : "rendre compréhensible, traduire, donner un sens à" (Larousse). Pourquoi doit-on interpréter le Coran ?En introduction de son livre Aux origines du Coran (4) , Alfred-Louis de Prémare apporte une réponse à cette question : "En effet, le texte originel du Coran, déjà déroutant par son caractère fragmenté, est souvent loin d'être clair, même pour les gens de culture arabe, en raison de l'archaïsme de la langue et de l'histoire de la constitution des textes : les commentateurs musulmans, à partir du VIIIe siècle, ont donné, pour un grand nombre de ses mots, de ses tournures et des différentes situations dans lesquelles ses messages auraient été produits, des explications très variées et souvent contradictoires. Ces commentaires étaient donc déjà, même en arabe, des sortes de traductions interprétatives." Les écoles de droit musulman (fiqh)Très tôt dans l'histoire de l'Islam s'est posée la question de l'interprétation et de l'application du Coran en tant que loi. Plusieurs écoles sont apparut, chacune proposant sa vision sur tel ou tel point, autorisant ou interdisant telle pratique, proposant des exceptions ou au contraire des manières d'étendre une parole précise pour un point non mentionné. Voir cette page pour en savoir plus sur les écoles de droit musulman. L'abrogationOn l'ignore parfois, mais le Coran lui-même mentionne l'abrogation
de ses propres versets dans le verset 106 de la sourate 2 : "Nous
n'abrogeons un verset, ni ne le faisons passer à l'oubli sans en
apporter de meilleur ou d'analogue[...]" L'abrogation pose un problème pour l'interprétation car certains versets en abrogent d'autres, or l'ordre chronologique des versets est parfois incertain et l'on ignore quel verset est abrogeant et lequel et abrogé. Voir cette page pour en savoir plus sur l'abrogation dans le Coran.
SOURCES
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